Rugby: Luke McAlister, le stratège toulousain

RUGBY Toulouse comptera sur son demi d’ouverture lors de la rencontre européenne décisive contre Leicester dimanche...

A Toulouse, Nicolas Stival

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Le demi d'ouverture toulousain Luke McAlister lors du match aller contre Leicester le dimanche 14 octobre 2012.
Le demi d'ouverture toulousain Luke McAlister lors du match aller contre Leicester le dimanche 14 octobre 2012. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

Ouf, il sera là. Le coup reçu sur la tête mercredi à l’entraînement n’empêchera pas Luke McAlister d’animer le jeu toulousain, dimanche à Leicester. Tant mieux pour les Rouge et Noir, qui ne devront pas perdre en Angleterre afin d’atteindre les quarts de finale de la coupe d’Europe. Le Néo-Zélandais (29 ans, 30 sélections), ouvreur-buteur génial, s’est rendu indispensable aux Rouge et Noir, qu’il a conduits au titre de champion de France 2012 dès sa première saison de Top 14. Comme, quatre ans plus tôt, le demi de mêlée Byron Kelleher, son ancien coéquipier chez les All Blacks.

La comparaison s’arrête là, selon Jean-Baptiste Elissalde. «Byron était plus exubérant, il avait tendance à haranguer les spectateurs, les partenaires, relève l’entraîneur des arrières toulousains. Luke est papa [de deux filles], Byron n’a pas d’enfant, on sent que l’un des deux est peut-être plus mûr que l’autre.» Yannick Nyanga, qui a joué avec les deux phénomènes, poursuit le jeu des différences. «Autant Byron faisait attention à son image, autant celle de Luke colle à sa personnalité, sur et en dehors du terrain», lance le troisième ligne international.

Clerc: «C’est devenu un pote»

Attention, McAlister n’est pas un mormon. «Il est vraiment facile à vivre, apprécie le talonneur sud-africain Gary Botha. Il parle avec tout le monde et j’adore plaisanter avec lui, en anglais ou en français.» Même si l’ancienne vedette des Auckland Blues ne maîtrise pas la langue à la perfection. «Parfois, leurs blagues signifient complètement l’inverse de ce qu’ils veulent dire, s’amuse Elissalde. Mais l’important, c’est qu’il y ait des échanges, que les mecs mangent ensemble.»

«Luke est performant sur le terrain car il s’est intégré dans la vie toulousaine et dans le collectif très rapidement, estime l’ailier Vincent Clerc. On l’aime beaucoup, c’est devenu un pote.» Si les frasques de Kelleher avaient fini par lasser le vestiaire toulousain, le comportement de McAlister fait l’unanimité. Le meilleur joueur du championnat français, bon père de famille et ami des chiens, n’aurait donc qu’une «faiblesse»: son addiction à Twitter. «C’est hallucinant à quel point il est entier et donne son avis d’une manière assez innocente sur les réseaux sociaux», lâche Nyanga. Le Néo-Zélandais s’épanche régulièrement sur son compte, pour plaisanter avec un ami, insulter le voleur du vélo de ses filles ou raconter son sixième visionnage en famille du dessin animé Kung Fu Panda. McAlister est un «fier Kiwi, Toulousain d’adoption, qui joue un peu au rugby», comme il se définit lui-même sur son profil Twitter.