04:54
Ligue 1: Le coup de gueule d’Antonetti
FOOTBALL•L'entraîneur de Rennes veut que l'on admette qu’il y a des «meilleures équipes» que la sienne...B.V.
Ca lui arrive, comme ça, deux ou trois fois par saison. Souvent après une défaite, et une question un peu désagréable d’un journaliste en point-presse. Frédéric Antonetti, l’entraîneur de Rennes, a fait du coup de gueule son exercice favori, histoire de rappeler à l’occasion que son club manque d’ambition. Comme samedi soir, après la défaite des siens face à Bordeaux (0-2), l’ancien coach de Nice s’est fait plaisir. A la question: «Avez-vous manqué une occasion de vous affirmer ?», Frédéric Antonetti est parti dans une tirade assez magique. Et c’est un peu pour ça qu’on l’aime aussi. La voici in extenso.
«On ne manque rien du tout. Au contraire, c’est bien qu’on soit déjà là, à ce niveau. Mais ne vous pouvez pas l’admettre…. On ne peut pas lutter sur la durée avec Bordeaux, on est très proches, mais on n'arrive pas à franchir le cap. Cela m'exaspère! Mais c’est déjà bien là! Car on n'a pas les moyens d'être là. Il ne faut pas le dire mais je le dis. Parce que le dernier d'Angleterre vient nous piquer un de nos meilleurs joueurs – Yann M’Vila devrait signer à Queen Park Rangers. Ca vous interpelle pas vous? Mais y a rien qui vous interpelle vous! Le football français est à la dérive économiquement. On est limités. Si vous voulez dire que c'est de ma faute, comme vous l’avez dit en début de saison, dites le, je n’en ai rien à foutre! J'assume. Mais arrêtez de nous mettre dans les favoris.
«Peut-être que si on change d'entraîneur, on va passer le cap?»
Cinquième c'est extraordinaire. Pourquoi on y arrive jamais? Parce qu'ils sont meilleurs que nous, point! Vous pouvez l'admettre un jour, à Rennes? Ou alors c’est de la prétention mal placée. L'Europe on n’en a jamais parlé dans le club! Après si on a la réussite à 100%, pourquoi pas, mais il ne faut pas être prétentieux. Face a des équipes qui gèrent bien, on est difficulté. Peut-être que si on change d'entraîneur le club va passer le cap. J'ai lu aussi que j'avais vidé le stade. Et bien si j'étais Pierre Dréossi (le manageur général, ndlr), j'enlèverais Antonetti et je construirais un stade de 50.000 places, et il serait plein! Il faut arrêter de rêver.»


















