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Le Dakar, critiqué en France, adulé en Amérique du Sud

Le Dakar, critiqué en France, adulé en Amérique du Sud

RALLYESi la course fait débat en France, elle rencontre un immense succès en Amérique du Sud...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Tucùman (Argentine),

Faut-il sauver le Dakar? «Il n’en est pas là», jure Etienne Lavigne, le patron du rallye. Après le décès de deux Péruviens mercredi soir puis du pilote français Thomas Bourgin vendredi matin, l’épreuve aurait pu être très mal en point. Suspendre la course? L’annuler purement est simplement? Impensable: l’écho du Dakar au Pérou, au Chili et en Argentine est comparable à un tsunami, quand celui en France s’apparente à une vaguelette.

A Salta, vendredi soir, l’arrivée du bivouac s’apparentait au final d’une étape de montagne du Tour de France. Malgré l’accident tragique survenu plus tôt dans la journée. «Il y a un décalage entre ce qu’est devenu l’évènement et ce que les Français en voient, insiste Etienne Lavigne. Je parle avec mes tripes, mais je pense que vous (les médias) vous avez une part de responsabilité.»

La star s’appelle Patronelli

Sur la liste des partants aussi, le Dakar est un poil moins français, puisque cette année, il y a 53 nationalités représentées, un record. Et les vraies stars, de Lima à Santiago, ne sont ni Stéphane Peterhansel ni Cyril Despres: ce sont les pilotes de quad argentin Patricio et Alejandro Patronelli, dont les gamins réclament des t-shirts aux feux rouge. «Le Dakar qui s’internationalise, c’est une très bonne chose, et on a beaucoup travaillé pour ça, raconte David Castera, le directeur sportif du Dakar. Ici, on trouve l’engouement qu’on avait les premières années en France».

Ca ne veut pas dire qu’ASO, l’organisateur de l’épreuve, s’est détourné de la France du jour au lendemain. Il y a six mois, Amaury a commandé une étude de marque mondiale. Les résultats sont confidentiels: la France serait toujours en tête mais se ferait grignoter son avance. «Le contexte économique joue énormément. L’Europe est très touchée par la crise, ici ils le sont peut être un peu moins», avance David Castera. «Les Français ont un énorme défaut: ils croient savoir ce qui est bon pour tout le monde», retient quant à lui Etienne Lavigne. Et surtout, ils n’ont rien à faire d’un t-shirt de Patronelli.