Revenir en Afrique ou changer de nom? La question qui divise le Dakar

RALLYE Youssou NDour, chanteur et ministre de la Culture et du Tourisme au Sénégal, voudrait faire revenir la course en Afrique ou dans le cas contraire lui faire changer de nom...

Antoine Maes

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Le Français Stéphane Peterhansel, le leader du Dakar chez les autos, le 9 janvier 2013, à Arica (Chili).
Le Français Stéphane Peterhansel, le leader du Dakar chez les autos, le 9 janvier 2013, à Arica (Chili). — F.FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à Arica (Chili)

Revenir ou se débaptiser. C’est la menace que fait planer Youssou NDour, ministre du Tourisme et de la Culture sénégalais. Le chanteur l’a annoncé mercredi: «Il n'est pas question que le rallye continue de garder le nom de Dakar en ne parcourant pas l'Afrique. Ou la course reprend son parcours en Afrique, ou elle abandonne le nom de Dakar.» Une phrase qui a trouvé un écho particulièrement attentif de l’autre côté de l’Atlantique, où la course bat son plein.

David Casteu: «Quand on voit la ferveur en Amérique du Sud, on ne peut pas ne plus revenir»

Mais sur le bivouac d’Arica (Chili), les avis sont partagés, entre nostalgie africaine et plaisir retrouvé en Amérique du Sud. Revenir en Afrique? «Ce serait avec plaisir. Le seul problème, c’est qu’il y a quand même quelques pays compliqués à traverser si tu veux partir de France. Mais l’ambiance africaine, la vraie histoire du Dakar, c’est avec une arrivée à Dakar», assure Stéphane Peterhansel, le leader des autos. Pour David Casteu, actuel 2e du général chez les motos, il y a une solution simple: «Faire deux belles courses dans l’année. Parce que quitter l’Amérique du sud, quand on voit la ferveur, on ne peut pas ne plus revenir. Les gens attendent ça, c’est une fête. L’Afrique c’est autre chose, c’est un autre parcours. Une course qui traversait le Maroc, le Mali la Mauritanie et le Sénégal, ce serait fabuleux.»

Stéphane Peterhansel: «Ça permet d’entendre encore parler de Dakar, c’est presque une reconnaissance»

Là on tout le monde est d’accord, c’est sur l’éventualité de changer purement et simplement le nom de la course. Le refus est franc et massif. «Quand on parle du Dakar, même ma grand-mère connait. Ça aide pour les sponsors ou les partenaires. Le nom Dakar, c’est emblématique. Le logo, quand tu le vois, tu frissonnes, et dans le ventre ça se creuse», raconte David Casteu. «C’est vrai que le nom peut porter à confusion, confirme Stéphane Peterhansel. Mais d’un autre côté ça permet d’entendre encore parler de Dakar, c’est presque une reconnaissance. Je le ferai quand même si ça ne s’appelait plus comme ça. Mais ça n’aurait plus le même impact.»