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Expulsions: Pourquoi la Ligue 1 voit rouge?

Expulsions: Pourquoi la Ligue 1 voit rouge?

FOOTBALLOn n'a pas vu autant d'expulsions depuis 10 ans dans le championnat de France...
Antoine Maes (avec F.L. à Valenciennes)

Antoine Maes (avec F.L. à Valenciennes)

Cette saison en France, la mode est bien au rouge. Avec 55 expulsions depuis le début de la saison, les 20 clubs de Ligue 1 ont signé une performance rare. Pour retrouver la trace d’autant de cartons rouges après 16 journées, il faut remonter 10 ans en arrière. Lors de la saison 2002-2003, à la même époque, les arbitres français avaient dégainé 68 fois. Et si le record n’est donc pas tombé, la tendance est tout de même bien réelle.

Mardi et mercredi, sur les pelouses de France, les chiffres prévoient encore autour de trois expulsions. «Par rapport aux chiffres, oui c’est exceptionnel. Mais quand on prend les expulsions une par une, il n’y a rien de scandaleux», assure Bruno Derrien, ancien arbitre international. Pour lui, cette recrudescence s’explique par deux facteurs. «Le phénomène nouveau, ce sont les semelles. Les joueurs se jettent sur la cheville ou le tibia de l’adversaire. Et en plus, les arbitres y ont été sensibilisés». Plus qu’en Angleterre, où le jeu n’est pourtant pas réputé moins violent, et où seulement 23 rouges ont été sortis. Mais peut être moins qu’en Espagne, où la Liga a déjà accumulé 60 cartons rouges pour seulement 15 journées.

«On a l’impression qu’ils hésitent de moins en moins à sortir les cartons rouges»

Rien que dimanche, trois cartons rouges sont sortis des poches arbitrales (un pour Lyon, un pour Saint-Etienne, un pour Marseille). La perspective de la trêve affolerait-elle les compteurs? «Souvent en fin de première partie de championnat, ou en fin de saison, quand les matchs deviennent capitaux à la fois pour le maintien ou pour des places européennes, les matchs deviennent à enjeu, forcément, il y a plus d’engagement», reconnait Bruno Derrien.

Une analyse que ne partage pas forcément Daniel Sanchez, le coach du VAFC, qui reçoit le PSG mardi. «On a l’impression qu’ils hésitent de moins en moins à sortir les cartons rouges. Quand c’est un acte dangereux on comprend. Mais quand c’est une parole malheureuse qui reste dans les limites…». Pour les Nordistes, le problème n’est pas forcément la sévérité. Plus la capacité à reconnaître son erreur. «Sur les 55 rouges, il y en a peut être 5 qui auraient pu être enlevés, assure Nicolas Penneteau, le gardien nordiste. La commission de discipline pourrait les aider, et ne pas hésiter à corriger une décision qui a été prise trop vite». Mais cette année, elle a peut être un peu trop de travail pour ça.