Ligue des champions: Lille n'a pas le niveau

FOOTBALL Etrillé à Munich (6-1), Lille ne passera pas les poules de la Ligue des champions pour la deuxième année d'affilée...

François Launay

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Arjen Robben et Franck Beria lors du match de Ligue des champions Bayern Munich-Lille (LOSC), le 7 novembre 2012.
Arjen Robben et Franck Beria lors du match de Ligue des champions Bayern Munich-Lille (LOSC), le 7 novembre 2012. — CHRISTOF STACHE / AFP

De notre envoyé spécial à Munich

Quatre défaites en quatre matchs, une seule victoire sur ses dix dernières rencontres de ligue des champions, pas de doute, le Losc est fâché avec l'Europe. Un conflit qui s'est terminé mercredi à Munich dans le fracas d'une défaite historique. Humilié 6 à 1 par le Bayern, le Losc quitte la piste aux étoiles la tête très basse. Jamais le club nordiste n'avait pris une telle raclée dans son histoire européenne. Jamais même une équipe française n'avait été humiliée de la sorte en Ligue des champions. Pire, c'est la première fois qu'un club européen s'est retrouvé mené 5 buts à 0 à la mi-temps d'un match de la coupe aux grands oreilles. De quoi faire profil bas. «On n'a pas fait grand chose pour exister. C'est une lourde défaite qui fait mal. On a l'impression qu'en première mi-temps, on voyait une équipe de jeunes contre une équipe expérimentée. On n'est pas fiers d'avoir pris une volée ici», lâche dépité Rudi Garcia, l'entraîneur lillois. «On a joué comme des petits joueurs sans expérience», reconnaît aussi le milieu David Rozehnal.

«C'est un autre monde»

Pourtant, plus qu'un sentiment de honte, c'est surtout la résignation qui sortait des bouches nordistes. «Le Bayern est une grosse équipe. la marche était trop haute. Je ne suis pas sûr qu'on a vu des gens qui n'avaient pas envie mais il y avait trop de différence entre les deux équipes. Il n'y avait rien à dire. A part rentrer chez nous et essayer de digérer tout ça, il n' y a pas grand chose à faire», constate Franck Béria, le défenseur lillois. «C'est un autre monde. Le score est à la hauteur de la différence des deux formations», admet sans détour Mickael Landreau, le gardien du Losc. Certes Lille est à des années lumière du niveau du Bayern. Mais le club nordiste n'a pas réussi à mettre de l'audace, du panache ou de l'orgueil, histoire de sauver son honneur bafoué sur la scène européenne.

>> Le match à revivre en live comme à la maison

Si le club munichois est l'un des plus grands clubs européens, on ne peut pas en dire autant du Bate Borisov, au buget dix fois inférieur à celui du Losc, et qui s'est pourtant imposé dans le Nord (1-3) lors de la première journée. La ligue des champions n'est donc pas qu'une question de talent et d'argent. Elle demande aussi un supplément d'âme que Lille cherche toujours depuis deux ans. Souvent au rendez-vous en Ligue 1, le Losc fait peine à voir sur la scène continentale. Et son image en prend un sacré coup. D'ailleurs, le commentaire le plus cinglant après la déroute munichoise est venu de Jupp Heynckes, l'entraîneur du Bayern: «Il faut relativiser notre succès. L'adversaire n'était pas de première classe. Ce sera plus dur samedi en championnat contre Francfort». Un tacle qui prouve bien que le Losc est un nain perdu au milieu des grands au niveau européen.