Cinq propositions pour éradiquer le dopage dans le peloton

CYCLISME Histoire de dissuader les derniers tricheurs...

R.S.

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Le peloton du Tour de France le 11 juiillet 2012, lors de la 10e étape.
Le peloton du Tour de France le 11 juiillet 2012, lors de la 10e étape. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Pour que l'UCI n'ait plus une autre affaire Armstrong sur les bras, pour que les coureurs ne volent plus certaines victoires, pour que le public et les sponsors croient toujours en un cyclisme propre, petit tour d'horizon des idées destinées à éradiquer le dopage.

La bonne idée: Pas de seconde chance. Tolérance zéro pour les récidivistes. Voilà le type de discours entendu ces derniers jours, y compris dans la bouche d’anciens dopés. Christophe Moreau, emporté par le tourbillon Festina en 98 milite pour un durcissement de peines, notamment pour les coureurs positifs à des produits lourds, type EPO. Tout comme la majorité des coureurs en activité. Et propres, a priori. «Malheureusement aujourd’hui, c’est le prix à payer, regrette Moreau. C’est très triste. Moi je crois toujours à la seconde chance. Quand on a fait un excès de vitesse, on ne vous retire pas le permis à vie. Malheureusement, aujourd’hui dans le vélo, il faut croire autrement.»

L’idée en vogue: Responsabiliser les managers. «Les managers sont un rouage essentiel, ils doivent être des garde-fous au sens propre du terme.» Ces mots sont ceux de Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, cautionnant l’action du MPCC, le mouvement pour un cyclisme crédible. L’association propose déjà quelques mesures choc. «Si une équipe a deux coureurs positifs en douze mois, l’équipe s’auto-suspend d’une semaine», explique Legeay, patron du MPCC. Cela a déjà été le cas chez Gerolsteiner il y a quelques années. A trois contrôles en deux ans, le règlement prévoit un mois de mise au placard. Ceci afin de ne pas inciter les managers à embaucher d’ex-coureurs bannis. Dans le genre, l’équipe Christina Watches – qui n’appartient pas au MPCC – part de très loin avec deux leaders nommés Michael Rasmussen ou Stefan Schumacher.

L’idée trompeuse: Des étapes plus courtes. En réalité, c’est déjà le cas. Alors que la distance des grands Tours avoisinait les 4.000km dans les années 80, celle-ci tourne autour de 3.500km en moyenne ces dernières années. En dehors des classiques historiques, la distance a aussi été limitée à 200km (avec 5% de tolérance) sur les courses d’un jour. Et malgré cela, le dopage n’a pas disparu du peloton. Pour Roger Legeay, réduire la difficulté ne sert à rien car il est aussi possible de se doper pour «gagner des courses à 35km/h de moyenne. On est dans un sport où il faut battre les autres. Mais peu importe la vitesse ou la difficulté.»

La fausse bonne idée: Regrouper les coureurs. Partant du constat que les managers n’ont pas la main sur des coureurs qui s’entraînent tous dans leur coin, il aurait été judicieux de les regrouper en un point pour instaurer un fonctionnement de «club». Mais le vélo n’est pas le football et la vie de famille de chacun, les plans d’entraînement (montagne ou plat), la fréquence des courses ou même la liberté individuelle des coureurs rendent totalement impossible ce type de réforme qui n’existe que dans le monde amateur.

La très mauvaise idée: Le légaliser. L’idée la plus extrême et la plus aberrante évidemment. Légaliser le dopage, c’est accepter l’idée d’une performance inhumaine, truquée, artificielle, biaisée. C’est aussi mettre la santé des athlètes en jeu et briser le processus d’identification du public envers ses champions. Si le cyclisme doit définitivement basculer dans la catégorie sport-spectacle, alors autant regarder du catch.

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