PSG: Marco Verratti, le nouveau maestro parisien

Julien Laloye

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Marco Verratti, le nouveau patron du milieu parisien, le 30 septembre 2012 à Paris.
Marco Verratti, le nouveau patron du milieu parisien, le 30 septembre 2012 à Paris. — P.Danouin/SIPA

« Je vous fais le pari que Marco Verrati sera rarement dans le groupe des 18 parisiens […] je ne sais pas de quelle manière il va progresser à Paris». La sortie est signée Frédéric de Saint-Sernin sur RMC, et elle fait le bonheur des forums de supporters parisiens depuis le mois dernier. A sa décharge, le président rennais résumait le sentiment de beaucoup d’obervateurs : Pourquoi diable le PSG était-il allé mettre plus de 10 millions d’euros sur un joueur inconnu de Série B (Pescara)? Maintenant on sait. Sens du placement inné, classe folle balle au pied, maturité incroyable pour son âge (19 ans), Verratti, qui a déjà fait oublier l’existence de Mathieu Bodmer, fait partie de ces joueurs qui ont convaincu à leur première touche de balle.

Le patron du milieu

«Marco a des qualités exceptionnelles et un superbe jeu de passes longues. A l’avenir, il sera l’un des meilleurs joueurs de la Squadra Azzurra» lâche Sirigu, l’un des mieux placé pour admirer le prodige. Tiago Motta, qui s’y connaît en passes courtes, lui a déjà laissé les clés de l’orientation du jeu parisien au milieu : «Avec lui, on améliore beaucoup nos sorties de ballon, cela nous manquait avant. Il bonifie le jeu de l’équipe.» L’appellation contrôlée de «Pirlo des Abruzzes» accolée au jeune homme à son arrivée n’était donc pas usurpée. D’ailleurs, la Série A, qui vient de se rendre compte que l’original commençait à vieillir (33 ans), se mord les doigts d’avoir laissé filer la copie presque conforme du génie de la Juve sans moufter. Cesare Prandelli, le sélectionneur national, a pesté contre un départ «scandaleux» à propos d’un joueur tellement attaché au pays qui chez ses parents à Pescara dés qu’il a un jour de libre. Sauf que la Juve –encore l’ombre de Pirlo- ne s’est jamais manifestée.

Sur les traces de Pirlo

Paris ne s’en plaindra pas, les journalistes non plus, conquis par le franc-parler de Verrati, comme après ce match face à Toulouse, où on l’a vu échanger quelques mots aigre-doux avec l’arbitre: «J’ai parlé en italien et j’ai lâché quelques gros mots mais heureusement, il semblerait qu’il n’ait pas compris ce que je disais.» Le trop-plein d’agressivité, physique comme verbale, c’est d’ailleurs le seul petit reproche qu’on peut faire à l’Italien. En plus d’un poil de cette suffisance propre aux grands joueurs à l’heure de dégager les ballons chauds. Carlo Ancelotti n’aime pas trop. Tous les autres adorent.