Les paris, une pratique courante chez les sportifs professionnels

SPORTS Malgré les circulaires d'informations et les règlements, certains se laissent prendre au jeu...

R.S.

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Les joueurs du club de handball de Montpellier, lors d'un match de LNH à Paris contre le PSG hand, le 30 septembre 2012.
Les joueurs du club de handball de Montpellier, lors d'un match de LNH à Paris contre le PSG hand, le 30 septembre 2012. — R.Duvignau/REUTERS

Ils sont jeunes, ont un compte en banque assez bien garni et un peu de temps à tuer entre deux rencontres. Finalement, les sportifs entrent parfaitement dans la cible des opérateurs de jeux ou paris en ligne. Sauf qu’investir une partie de leur PEL au tabac du coin leur est interdit. Le code du sport est très clair là-dessus: les acteurs d’une compétition n’ont pas le droit «d’engager, directement ou par personne interposée, des mises sur des paris reposant sur la compétition à laquelle ils participent (…)», comme l’ont fait quelques handballeurs de Montpellier, actuellement en garde à vue dans «l’affaire» du match contre Cesson en mai dernier.

Dans le sport professionnel, leur cas n’est sûrement pas isolé, comme l’explique Jérémy Bréchet, footballeur à Troyes. Depuis deux ans seulement, l’ancien Sochalien a arrêté de remplir ses grilles de Loto Foot. A Sochaux, il reconnaît avoir parié à plusieurs reprises sur les matchs de sa propre équipe. «Je pariais sur moi, sur nous. Par Internet ou sur place. Mais jamais sur une défaite.» Le défenseur n’aurait jamais gagné plus de 5,5 euros en misant sur lui et ne se décrit pas comme un parieur accro au jeu. Juste un joueur occasionnel soumis aujourd’hui à une règlementation très stricte.

La prévention du basket mise en avant

Avant la promulgation de la loi, il lui arrivait pourtant de réfléchir à deux fois en validant ses tickets de jeux. «Je n’ai jamais culpabilisé même si j’ai déjà failli faire des délits d’initié en ayant des informations avant qu’elles paraissent dans les journaux. Je ne l’ai pas fait et je peux comprendre que certains le fassent», indique le joueur de 33 ans. Comme lui, Frédéric Weis a parfois parié quand il jouait au plus haut niveau. Mais l’ancien basketteur reconverti buraliste à Limoges n’a jamais osé jouer sur sa propre équipe. Selon lui, aucun joueur de ProA n’est assez naïf pour passer à l’acte. En amont, le syndicat des joueurs s’astreint aussi à un gros travail de prévention, en affichant les règlements dans chaque club.

Un matraquage qui ne ferait pas de mal dans le milieu du rugby, enchaîne Ugo Mola, ex-joueur et entraîneur de Castres et Brive. Lui qui n’a connu que les «parties de cartes au fond du bus» s’étonne de l’importance des paris dans la culture des jeunes joueurs pros. «La circulaire du début d’année n’empêche pas les mecs de parier jusqu'à minuit. Les paris, c’est une addiction», s’emballe l’ancien international qui n’a jamais connu de délit d’initié dans l’une de ses équipes. «Mais dire que ça n’a jamais parié, ce serait mentir», élude le rugbyman, soucieux de ne mouiller aucun de ses ex-joueurs ou coéquipiers.