Toulouse: Ali Ahamada, l'extralucide

FOOTBALL Le gardien du TFC a égalisé contre Rennes (2-2), du jamais vu depuis seize ans en L1...

Nicolas Stival à Toulouse

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Le gardien toulousain Ali Ahamada, le 25 août 2012 à Nancy.
Le gardien toulousain Ali Ahamada, le 25 août 2012 à Nancy. — P.Emile/SIPA

Le Stadium de Toulouse a basculé dans la quatrième dimension, samedi soir aux alentours de 22 heures. Pour la première fois depuis près de seize ans, un gardien de but a marqué en Ligue 1. En jetant son 1,89 m afin de reprendre de l’arrière du crâne un coup franc de Wissam Ben Yedder, Ali Ahamada a égalisé contre Rennes tout au bout du temps additionnel, et rejoint ainsi le Nancéien Grégory Wimbée (contre Lens, en novembre 1996) dans la légende. Plus fort encore : le portier de l’équipe de France Espoirs s’est découvert, à 21 ans, d’étonnants talents de medium. «J’ai eu un flash, confesse-t-il. Lorsqu’on était menés 1-2, j’avais une telle rage de vaincre que je me suis imaginé en train de marquer puis de célébrer ce but avec le public qui m’encourage tellement, depuis mes débuts en équipe première.» C’était le 20 février 2011, lors d’une entrée en jeu à quatre minutes de la fin, le temps d’encaisser un penalty et de perdre contre… Rennes (1-2).

«Il est complètement décalé, c’est un artiste»

Le natif de Martigues a fait du chemin, et signé une formidable première saison complète en tant que titulaire, en 2011-12, au chevet de la meilleure défense de L1, à égalité avec le champion montpelliérain (34 buts encaissés). Depuis le début de l’actuel exercice, Ahamada, totalement «hermétique à la pression», dixit son entraîneur Alain Casanova, continue sur sa belle lancée. Ainsi samedi, avant son coup de tête victorieux, le Franco-Comorien avait certes plié deux fois, mais aussi sorti deux arrêts d’un autre monde face aux Bretons Féret et Boye. «Il a d’énormes qualités, mais sa principale, c’est de croire énormément en lui, grâce à sa croyance religieuse, explique Olivier Blondel, le deuxième gardien du TFC. Apparemment, lorsqu’il est monté sur la dernière action, il a dit à Serge Aurier [défenseur du TFC] : «je vais marquer !». Il est complètement décalé, c’est un artiste.»

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Le pieux musulman s’esclaffe : «Olivier m’a dit qu’il n’y avait que moi pour réussir ce genre de conneries.» En outre, l’ancien attaquant (jusque chez les moins de 13 ans), est un récidiviste. «Deux semaines avant de signer à Toulouse [en 2009], j’ai joué un tournoi interdépartemental avec Martigues. On perdait 1-0, je suis monté sur la dernière action alors qu’on me disait de ne pas y aller, et j’ai mis une reprise de volée. Puis, j’ai sorti trois tirs au but et on a gagné la finale.» Ancien gardien professionnel, Alain Casanova apprécie la performance de son poulain. Mais le technicien toulousain, précise, très pince-sans-rire: «Ali est encore loin de mon record. Moi, j’ai mis trois buts, pas de la tête, mais sur des ciseaux retournés.» La quatrième dimension…