Milieu hippique : les femmes entrent en selle
Femmes à cheval•Dans le monde hippique - comme ailleurs -, il faut parfois encore se battre contre les clichés… et pour la parité ! Mais les évolutions de ces dernières années permettent aux femmes de prendre leur place
En 2021, on ne comptait pas moins de 173 femmes entraîneurs et 110 femmes jockeys*, preuve que la féminisation est en marche dans le monde hippique. Etre une femme dans ce milieu, est-ce un obstacle (de plus) à franchir ? Nous avons recueilli les propos d’une jeune jockey à l’avenir prometteur.
Marie Vélon, une femme jockey nouvelle génération
10h du matin : elle a déjà fait 2h d'entrainement et elle s’en va prendre un train pour trois courses à Paris dans la journée. Un bel exemple de son quotidien, intense et passionnant. Derrière ses 23 ans, elle cache déjà un mental et un parcours de championne : elle détient le record du nombre de victoires en une année pour une femme jockey avec 84 victoires en 2020 pour 680 courses.
Quel est ton parcours ?
J’ai commencé avec un parcours classique, en poney club. Mon oncle était jockey donc j’étais tôt dans les courses. A douze ans, j’ai commencé à monter des pur-sang. Je suis rentrée en seconde à l’école des courses hippiques. Je suis passée professionnelle fin 2019.
Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier ?
L’amour des cheveux déjà, la vitesse et la compétition. C’est un tout réuni dans le même métier ! C’était mon rêve de petite fille.
As-tu l’impression que c’est difficile de s’imposer en tant que jeune femme dans cet univers ?
Je n’ai peut-être pas assez de recul pour ça, je suis arrivée dans un monde de courses qui s’était déjà féminisé mais je suis dans l’optique qu’il y a des qualités et des défauts, à prendre et à laisser, qu’on soit une femme ou un homme. C’est un métier de sport, et la compétition est dure pour tout le monde. Les courses hippiques sont mixtes, c’est le cheval qui compte (il y a parfois des courses de mâles ou courses de juments).
La formation est-elle différente ?
Non, c’est la même. Mais on a beau être égaux, on sait que le physique d’un homme reste plus puissant donc de mon côté, je m’entraîne sportivement peut-être un plus dur en tant que femme, pour avoir le niveau.
Sens-tu avoir ta place aujourd'hui, dans ce milieu ?
Oui ! Au quotidien, c’est complètement féminisé, c’est devenu une routine. Mais à un haut niveau, dans les très bonnes courses, il y a encore peu de filles.
Quelles sont tes aspirations professionnelles en tant que jeune jockey femme ?
J’ai eu de la chance de tomber sur un bon cheval et de remporter de belles courses avec lui mais à l’avenir, je voudrais essayer de monter cette marche dans les grosses courses, où il y a justement peu de filles. Les courses de groupe 1, 2 et 3 par exemple, c’est vraiment le Graal.
De quoi es-tu la plus fière dans ton parcours ?
Je dirais ma régularité. Le plus dur dans les courses, et dans le sport en général, c’est d’être régulier dans ses résultats. J’arrive à stabiliser mes performances depuis ces trois dernières années, j’en suis fière.
Quelles sont les qualités mentales et/ou physiques nécessaires pour être bon jockey ?
Le mental, on l’a ou on l’a pas, mais c’est toujours travailler, ne rien changer, même dans les mauvaises périodes. Physiquement, plus on monte, plus ça devient un automatisme. Les courses, c’est tous les jours, donc on est formatés à ça. Le plus difficile, je dirais que c’est la fatigue à gérer.
*Chiffres de France Galop


















