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Le télescope James Webb découvre la présence de CO2 sur une lune de Pluton

Télescope James Webb : L’observatoire spatial révèle la présence de dioxyde de carbone sur une des lunes de Pluton

SYSTÈME SOLAIREDu dioxyde de carbone et du peroxyde d’hydrogène ont été découverts à la surface de Charon, la plus grande lune de Pluton, grâce au télescope spatial James Webb
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Des chercheurs ont annoncé mardi, dans une étude publiée dans Nature Communications, la découverte de dioxyde de carbone (CO2) à la surface gelée de Charon, l’une des lunes de Pluton, grâce aux observations du télescope spatial James Webb. Cette découverte, accompagnée de celle d’une autre substance chimique, le peroxyde d’hydrogène (H2O2), pourrait offrir des indices précieux sur l’évolution des mondes glacés situés aux confins du système solaire.

D’un diamètre d’environ 1.100 km, Charon est la plus grande des cinq lunes de Pluton. Elle a été découverte en 1978, mais ce n’est qu’en 2015, lors du survol de la sonde New Horizons de la NASA, que des détails sur sa surface ont émergé. La sonde avait alors révélé que la surface de Charon était recouverte de glace d’eau et d’ammoniaque, ce qui lui donnait une coloration rouge et grise.

Une découverte significative

La découverte du CO2 à la surface de Charon est significative, car ce gaz est essentiel au développement de la vie sur Terre. Les scientifiques s’interrogent depuis longtemps sur la présence de dioxyde de carbone dans les objets de la ceinture de Kuiper, une région située au-delà de Neptune et où se trouve Pluton. Cette ceinture abrite de nombreux objets glacés, qui sont considérés comme des « capsules temporelles » permettant de mieux comprendre la formation du système solaire.

C’est grâce à la puissance de détection du télescope James Webb que les chercheurs ont pu finalement confirmer la présence de CO2 sur Charon. Silvia Protopapa, chercheuse au Southwest Research Institute dans le Colorado (Etats-Unis) et première autrice de l’étude, a expliqué que « cette découverte pourrait suggérer que la surface de Charon est un mélange de glace d’eau et de glace carbonique, la forme solide du dioxyde de carbone ».

Le peroxyde d’hydrogène, un autre gaz présent

Le télescope spatial James Webb a également détecté du peroxyde d’hydrogène à la surface de Charon. Sur Terre, le peroxyde d’hydrogène est couramment utilisé comme désinfectant, mais sa présence sur Charon pourrait indiquer que sa surface est altérée par des facteurs externes, tels que les rayons ultraviolets et les vents solaires. Cette découverte ajoute une nouvelle « pièce au puzzle » concernant la composition et l’évolution des mondes glacés de la ceinture de Kuiper.

Tout savoir sur le télescope James Webb

Charon, contrairement à d’autres objets de la ceinture, dont Pluton, offre une vue dégagée sur ces mondes lointains. Cette étude contribue non seulement à une meilleure compréhension de la composition chimique de Charon, mais aussi à l’éclairage de l’évolution de tout un pan du système solaire, qui reste encore mal compris. Selon Silvia Protopapa, ces découvertes permettent d’envisager Charon « comme une fenêtre unique sur les premiers moments de la formation du système solaire », et donc sur la manière dont les mondes glacés se sont formés et ont évolué aux confins de notre voisinage cosmique.