Facebook va dédommager ses modérateurs de contenus traumatisés par le visionnage d’images violentes

JUSTICE Confrontés tous les jours à des images violentes qu’ils doivent retirer de Facebook, certains modérateurs développent des problèmes de santé mentale

20 Minutes avec agences
Les modérateurs sont chargés de retirer les contenus violents de Facebook (illustration).
Les modérateurs sont chargés de retirer les contenus violents de Facebook (illustration). — FRANCK LODI/SIPA

Facebook a accepté de payer 52 millions de dollars (48,2 millions d’euros) aux modérateurs de contenus en guise de compensation pour les problèmes de santé mentale que leurs tâches peuvent provoquer. C’est ce qu’ont annoncé mardi deux cabinets d’avocats ayant conseillé les plaignants dans le cadre d’une action de groupe en justice.

Il est notamment reproché au réseau social de ne pas protéger correctement ses employés (directs ou via des sous-traitants) chargés de retirer les contenus qui enfreignent les règles de la plateforme.

Des modérateurs confrontés aux contenus violents

La plainte originelle avait été déposée devant un tribunal californien en septembre 2018, au nom de Selena Scola, une ancienne modératrice qui affirmait avoir développé un syndrome de stress post-traumatique après 9 mois passés à regarder régulièrement des images violentes.

« Tous les jours, les utilisateurs de Facebook diffusent des millions d’images ou de vidéos en direct d’abus sexuels sur des enfants, de viols, de torture, de bestialité, de décapitations, de suicides et de meurtres », relatait la plainte. « Pour maintenir une plateforme aseptisée, maximiser ses profits déjà conséquents et soigner son image publique, Facebook se repose sur des personnes comme Mme Scola – les modérateurs de contenus - pour visionner ces posts et retirer tous ceux contraires à ses règles ».

Des sessions de soutien psychologique

Selon l’accord signé avec le groupe américain, plus de 11.000 modérateurs aux Etats-Unis, anciens et actuels, vont recevoir au moins 1.000 dollars chacun (930 euros). Ceux qui ont été diagnostiqués avec des troubles spécifiques percevront des sommes supplémentaires pour payer leurs frais médicaux, allant jusqu’à 50.000 dollars (46.300 euros).

« Nous sommes reconnaissants aux personnes qui font ce travail important pour faire de Facebook un environnement sûr pour tout le monde », a réagi le réseau social, sans reconnaître les allégations de la plainte. « Nous nous engageons à leur fournir les soutiens supplémentaires prévus par cet accord et plus à l’avenir ». L’accord prévoit en effet que Facebook et ses sous-traitants fournissent aux modérateurs des sessions de soutien psychologique avec des thérapeutes assermentés et de meilleurs outils pour améliorer leurs conditions de travail.