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Victime de multiples cyberattaques, la France est-elle une « passoire numérique » ?

Piratage du fisc : « Passoire numérique »… La France est-elle plus vulnérable que les autres pays européens ?

FAKE OFFAvec les vols et fuites de données qui s’enchaînent, la vulnérabilité de la France en matière de cybersécurité est pointée du doigt. Le pays est bien l’un des plus touchés
"Il y a une éthique à avoir, des limites à ne pas franchir" - Romain, ancien hacker
Jessy Gourdon

Jessy Gourdon

L'essentiel

  • Alors que le pays est particulièrement touché par les vols et fuites de données, plusieurs internautes assurent que la France est « une passoire numérique ».
  • En effet, selon l’étude d’une société néerlandaise, la France est le deuxième pays au monde et le premier en Europe dans lequel le plus grand nombre de comptes ont été touchés.
  • Selon un rapport de l’Agence de l’Union Européenne pour la cybersécurité (Enisa), publié en octobre 2025, l’Hexagone est le pays européen le plus cité dans les incidents touchant l’administration publique.

L’Institut national de la statistique (Insee) en juin dernier, un prestataire de Santé publique France et le fisc récemment et révélé ce mardi par le ministre de l’Action et des Comptes publics l’Education nationale. En l’espace de quelques semaines, tous ces services liés à l’administration publique ont subi une attaque informatique. Les données personnelles de nombreuses personnes ont pu ainsi être volées, puis revendues par la suite.

Aussi, sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes qualifient la France de « passoire » en matière de protection des données (exemples ici et ici). « La France est la plus grande passoire numérique », écrit même le hackeur éthique Clément Domingo (alias Saxx) sur X. D’autres internautes vont plus loin et affirment, comme celui-ci, que la France serait « l’un des pays les plus piratés au monde ». On vérifie.

FAKE OFF

Selon l’entreprise de cybersécurité Surfshark, basée aux Pays-Bas, la France est effectivement le pays européen le plus vulnérable sur ce début d’année 2026. Dans une étude mise à jour le 21 juillet dernier, la société révèle qu’au premier semestre 2026, les données provenant de 43,4 millions de comptes français ont été volées et diffusées. Petite précision : cela ne veut pas dire que les données de 43,4 millions de Français ont été volées et diffusées. Plusieurs comptes d’une seule et même personne peuvent avoir été compromis.

Au niveau européen, il s’agit tout simplement d’un (triste) record sur cette période. D’après la même source, le Royaume-Uni arrive juste derrière l’Hexagone, avec 7 millions de comptes touchés. Un paradoxe quand on voit qu’au classement des nations les plus cybersécurisées au monde, développé par le think tank estonien e-Governance Academy, c’est la France (15e) qui arrive devant le Royaume-Uni (41e).

Plus largement, sur ce premier semestre 2026, au niveau mondial, seuls les Etats-Unis (90,8 millions de comptes touchés) font pire que la France.

L’administration publique comme point faible

Dans son étude, l’entreprise néerlandaise permet également de savoir le nombre de comptes qui ont été compromis depuis l’année 2004, selon chaque pays. Résultat : avec 758,6 millions de comptes touchés sur cette période, la France reste le pays européen le plus touché. Au niveau mondial, elle est devancée par la Chine (2 milliards), la Russie (3,3 milliards), et les Etats-Unis (4,7 milliards).

Pour aller plus loin dans la vérification, utilisons également un rapport de l’Agence de l’Union Européenne pour la cybersécurité (Enisa), qui a été publié en octobre dernier. Contrairement à la société Surfshark, qui recense les comptes touchés, l’Enisa se concentre de son côté sur les 4.875 incidents recensés entre juillet 2024 et juin 2025.

Deux éléments sont à prendre en compte. Premièrement : la France est le pays de l’UE le plus cité dans les incidents concernant le secteur le plus touché : l’administration publique. Sur ce point, l’Hexagone (27 %) est suivi par l’Italie (26,3 %), l’Allemagne (16,2 %), et l’Espagne (15,3 %).

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En revanche, la France n’est pas le pays de l’Union européenne le plus « mentionné dans les réclamations liées aux rançongiciels et aux violations de données ». Comme indiqué dans le rapport, l’Allemagne (23,4 %), l’Italie (11,33 %) et l’Espagne (9,8 %) sont davantage cités que la France (9,5 %).