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« C’est pour ma sœur »… Il traverse l’Europe à vélo et récolte 120.000 €

« Je l’ai fait pour ma sœur » : Il récolte 120.000 € pour la lutte contre le cancer en traversant l’Europe à vélo

CourageLe streamer Monodie est parti le 1er avril pour un défi gigantesque : parcourir l’Europe à vélo pendant quatre mois, en live sur Twitch, au profit de la Ligue contre le cancer. Après 123 jours, il raconte son périple pour récolter 120.000 €.
Le ZEvent en 5 chiffres
Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Monodie est un streamer sur la plateforme Twitch. Le 1er avril 2026, il s’est lancé dans un défi d’ampleur : travers l’Europe à vélo pendant 123 jours. Le tout en diffusant ses aventures en live, et en récoltant des dons pour La Ligue contre le cancer.
  • Parti de Paris le 1er avril, il est retourné à son point de départ en traversant neuf pays, dont l’Espagne, l’Italie, ou encore la Slovénie. Durant ce périple il a pu récolter plus de 120.000 euros, dont près de 40.000 uniquement sur le dernier jour.
  • En 2024 il avait rallié Paris-Marseille à pieds dans le même but. Mais cette fois-ci l’épreuve s’est avérée bien plus difficile. Il a même pensé à abandonner.

Il était parti le 1er avril 2026 du parvis de Notre-Dame, il y est revenu ce dimanche 1er août, après avoir parcouru plus de 7.800 km. Edouard Lesellier, alias Monodie, est streamer sur Twitch. Et depuis 2024, il se lance des défis sportifs de grande ampleur pour collecter des dons au profit de la Ligue contre le cancer.

Âgé de 34 ans, il s’est lancé dans son plus gros défi. Parcourir neuf pays d’Europe en quatre mois, le tout à vélo, et en direct sur la plateforme Twitch. « Un devoir de mémoire » envers sa sœur, disparue en 2020 d’un cancer du poumon. Pour 20 Minutes, Monodie a accepté de se remémorer ses galères et ses joies tout au long de son parcours.

D’abord, comment on se sent après 123 jours assis sur une selle de vélo ?

Je ne vais pas mentir, j’en avais marre. En fait ça fait du bien d’arriver à la fin. Il y a vraiment des moments où on se sent loin de chez soi. Et forcément comme n’importe quel événement qui dure aussi longtemps il y a une forme de creux. C’était le cas en quittant l’Allemagne surtout. Donc je suis content d’être rentré. Surtout qu’à mon arrivée à Notre-Dame j’ai retrouvé pleins d’amis venus de toute la France. Je ne m’y attendais pas, donc j’ai cru que je rêvais, ou que j’avais eu un accident et que je n’étais jamais arrivé ahah. Mais dès le lendemain ça m’a manqué, c’est très bizarre. C’est très bizarre la relation haine-amour de cette aventure. A la fin c’était vraiment long. Même pour ma mère qui m’a accompagné tout du long.

Comment se fait-il que votre mère vous ait accompagné tout le long ?

A l’origine je comptais faire le voyage seul. Mais après les premières étapes, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup trop de poids. J’avais une poussette accrochée à mon vélo avec tout mon matériel dedans. Elle pesait près de cinquante kilos. Et moi quatre-vingt-dix au moment du départ. Donc à partir de Saint-Jean-de-Luz mon père est venu récupérer du matériel. Ma mère a pris le relais vers Madrid. Au final on a même fini par définitivement enlever la poussette en Slovénie, mais bon, c’était après les étapes les plus difficiles ahah !

Je crois que c’était une chance pour elle et pour moi de vivre ça. Et puis elle était fière de pouvoir m’aider. Je pense que ce sont des souvenirs que nous porterons tous les deux jusqu’au bout.

Justement, en parlant d’étapes difficiles : laquelle a été la plus compliquée pour vous ?

C’était l’étape entre Porto et Santa Cruz da Trapa, au Portugal. C’était la plus longue, avec le plus de dénivelé, elle a duré huit heures. Mais ça a continué à monter crescendo jusqu’à Madrid et un peu après. Et là le mental a complètement craqué.

On est quatre jours après Madrid : il pleut beaucoup, ma chaîne casse à cause du sable des chemins de terre de la veille. J’essaye de la réparer, sauf que je n’ai pas appris à le faire, et surtout je n’ai pas la bonne chaîne. J’essaye de régler le problème avec ce que je peux, mais je ne fais même pas trois-quatre kilomètres et plus aucune vitesse ne passe. J’essaye de remonter sur le vélo, je tombe. Tout s’additionne alors : fatigue physique, mentale. Et là je dis « J’arrête ». Je n’arrête pas de répéter « J’ai envie de tout arrêter ».

Comment vous êtes-vous sorti de la situation ?

En fait je ne pouvais pas m’arrêter. Le planning c’est le planning. On avait réservé tous les hôtels à l’avance, donc chaque jour nous coûte de l’argent. Et puis à ce moment-là, un gars de mon équipe, qui avait réalisé tout le tracé, m’appelle et me dit d’arrêter le live : « Coupe, tu ne vas pas pouvoir régler le problème en live, et tu vas juste t’énerver. » Donc je coupe, ma mère me rejoint et ramène tout le matériel dans sa Twingo, coffre grand ouvert. Et puis le lendemain je trouve une petite boutique de vélo, qui me répare tout. Je me dis : « C’est pas grave, ça peut arriver. » Et surtout que c’est le projet dans son ensemble qui est le plus important. Mais c’était l’accumulation de tout ça qui a rendu cette journée si dure.

Monodie a traversé neuf pays d'Europe lors de son voyage. C'est au Portugal et en Espagne que les étapes se sont révélées les plus dures, mais aussi les plus belles selon lui. Grâce à ce voyage de 123 jours, il a pu récolter 120 000 euros au profit de la Ligue contre le cancer.
Monodie a traversé neuf pays d'Europe lors de son voyage. C'est au Portugal et en Espagne que les étapes se sont révélées les plus dures, mais aussi les plus belles selon lui. Grâce à ce voyage de 123 jours, il a pu récolter 120 000 euros au profit de la Ligue contre le cancer.  - Nknmlz

Vous avez plusieurs fois reçu de l’aide comme ici. Quelle rencontre vous a le plus marqué ?

C’était aussi en Espagne. Une famille nous a hébergés une nuit. Quand on est arrivés il y avait une ambiance très familiale, dans un village où tout avait l’air mort, parce que perdu dans la campagne. Ils nous ont accueillis comme des membres de la famille. Au moment du départ, ils ont refusé que l’on paye. J’ai compris que je ne pouvais pas refuser en observant le mari, en larmes. Lui aussi avait perdu quelqu’un à cause du cancer, et c’était sa manière à lui de nous soutenir, alors qu’ils ont besoin de cet argent. Depuis je n’arrête pas de dire qu’il faut que je les rappelle. J’espère pouvoir retourner les voir.

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Pourquoi vous être lancé ce défi ?

Quand j’ai fait Paris-Marseille c’était une manière de continuer le deuil de la mort de ma sœur. Mais cette fois-ci c’était un devoir de mémoire envers elle. Parce que lorsqu’elle est partie, elle voulait continuer à vivre, quand moi je ne voulais plus forcément. Elle m’a redonné envie de faire des choses. Donc j’ai réalisé tout ça grâce à elle. A l’origine j’avais un autre projet, qui n’a pas abouti. Donc on a tout préparé en deux mois. C’était une erreur. On n’était pas assez préparés. Mais je referais des défis du genre, parce que je veux aider la cause. On a même commencé à en imaginer un, mais je ne peux pas en dire plus.