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L’Anses alerte sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale

Les réseaux sociaux mettent la santé mentale des jeunes en danger, en particulier celle des filles

Likes toxiquesAprès un travail de cinq ans qui s’appuie sur 1.000 études scientifiques, l’Anses alerte sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents
Des fausses vidéos sexuelles de mineurs générées par Grok
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Incitation au suicide, cyberviolence, stéréotypes sexistesL’Anses alerte sur les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, en particulier des filles. Les réseaux sociaux ne sont pas la seule cause de la dégradation de la santé mentale des jeunes, mais leurs effets sont « nombreux » et « documentés », souligne l’autorité dans un avis publié ce mardi.

Le rapport est le fruit de cinq ans de travaux d’un comité d’experts pluridisciplinaire et s’appuie sur près de 1.000 études. Les plateformes exploitent des vulnérabilités propres aux adolescents : tendance à prendre des risques, comparaison sociale, importance du jugement des pairs. Ils n’ont pas les « capacités de régulation émotionnelle et comportementale » des adultes. Les jeunes passent deux à cinq heures par jour sur leur smartphone.

Les filles les plus à risque

Selon Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise, « cette étude donne des arguments scientifiques au débat sur les réseaux sociaux des dernières années » et documente « les effets sur la santé ». Les filles, plus utilisatrices que les garçons, subissent davantage de pression sociale et de cyberharcèlement. Les contenus véhiculant des « idéaux normatifs » inatteignables, via des images retouchées, peuvent « engendrer une dévalorisation de soi » et favoriser les symptômes dépressifs et les troubles alimentaires. Les personnes LGBTQI et les jeunes avec des troubles psychiatriques sont également particulièrement exposés.

Les algorithmes de personnalisation exposent certains mineurs à des publications incitant au suicide, à l’automutilation ou à des comportements à risques (défis dangereux, consommation de drogues, alcool, tabac, cannabis) et aux cyberviolences (insultes, rumeurs, chantage, diffusion d’images intimes), amplifiées par l’anonymat et la facilité de diffusion.

Pousser les plateformes à protéger les plus jeunes

L’agence appelle à « agir à la source » : seules des plateformes conçues et paramétrées pour protéger la santé des mineurs doivent leur être accessibles. Cela passe par la modification des algorithmes, des techniques d’interfaces persuasives et des paramétrages par défaut. Pour Olivier Merckel, membre de l’Anses, l’instauration « de mesures réglementaires et d’actions de contrôle robustes » pour protéger la santé des mineurs « incombe aux plateformes ».

Ces dernières doivent mettre en place « des systèmes fiables de vérification de l’âge et de recueil du consentement parental » pour respecter le DSA et le RGPD, qui autorisent l’inscription dès 13 ans avec validation parentale entre 13 et 15 ans. Les contenus violents, pornographiques, haineux, de harcèlement ou incitant à des conduites à risques doivent être interdits. D’autant plus que l’IA renforce le danger. Elle favorise la « perte de pensée critique » et la « génération de stéréotypes ou contenus dangereux ».