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Comment Microsoft a échappé à une énorme amende à cause de Teams
UNION EUROPEENNE•Le géant du numérique s’est notamment engagé à dissocier très clairement son appli de visioconférence de ses outils de bureautique comme Word, Excel et OutlookH. B. avec AFP
Ouf de soulagement pour Microsoft. Le géant américain a échappé ce vendredi à une amende de l’Union européenne (UE) pour abus de position dominante liée à son application de visioconférence Teams, en s’engageant notamment à la dissocier très clairement de ses outils de bureautique comme Word, Excel et Outlook.
Les engagements du géant américain du logiciel « répondent aux inquiétudes soulevées par la Commission en raison des liens entre Microsoft Teams et les applications de bureautique très populaires Word, Excel, PowerPoint, Outlook, inclus dans les suites logicielles destinées aux clients professionnels, Office 365 et Microsoft 365 », a expliqué la Commission européenne dans un communiqué.
Des versions de logiciels sans Teams
Selon ces promesses rendues publiques au printemps, le géant américain des logiciels va non seulement « proposer des versions de ses suites logicielles qui ne comprennent pas Teams, et à prix réduit », mais il va aussi permettre aux clients qui ont déjà souscrit à des licences de passer à des versions sans Teams.
En outre, le groupe va faciliter le fonctionnement d’applications concurrentes de Teams dans Windows, et permettra aux clients de transférer leurs données de Teams vers celles-ci.
Mettre fin à « un abus de position dominante »
Pour la commissaire à la Concurrence Teresa Ribera, les engagements du groupe vont « mettre fin à ses pratiques qui pouvaient empêcher ses rivaux de concurrencer Teams », dans un secteur qui joue un rôle crucial pour de nombreuses entreprises et organisations, avec l’essor du télétravail provoqué par la crise du Covid-19.
« Nous apprécions le dialogue avec la Commission qui a débouché sur cet accord, et nous allons désormais appliquer ces nouvelles obligations rapidement et pleinement », a réagi dans une déclaration Nanna-Louise Linde, une des responsables des affaires publiques de Microsoft en Europe.
Contexte tendu autour de la régulation des géants du numérique
L’affaire concernant Teams avait débuté en juillet 2020 par une plainte de la start-up américaine Slack, entre-temps rachetée par Salesforce. Confrontée à des pertes de parts de marché dans le domaine des messageries d’entreprise, Slack avait attaqué Microsoft pour concurrence déloyale auprès de la Commission européenne.
Cette conclusion à l’amiable de l’enquête visant Microsoft, déjà sanctionné à plusieurs reprises par Bruxelles par le passé, lui évite une lourde amende, potentiellement jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial.
Elle intervient dans un contexte tendu autour de la régulation des géants du numérique exercée par Bruxelles. La semaine dernière, l’exécutif européen, chargé de faire respecter le droit de la concurrence dans l’UE, avait infligé à Google, autre poids lourd américain du secteur, une amende de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne, s’attirant les menaces du président américain Donald Trump qui a promis des représailles.


















