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Contre la désinformation, TikTok lance un système collaboratif aux États-Unis

TikTok : Pour lutter contre la désinformation, l’application lance un « système collaboratif » aux États-Unis

ANTI FAKEL’application de ByteDance s’appuiera sur un système de notes ajoutées par les utilisateurs
Olivier Mimran

O.M. avec AFP

Mieux vaut prévenir que guérir : le réseau social TikTok a lancé aux États-Unis, mercredi 30 juillet 2025, un « système collaboratif » de lutte contre la désinformation via lequel des utilisateurs américains pourront désormais partager leurs doutes sur la véracité des contenus.

Des utilisateurs mis à contribution

Ces derniers pourront en effet contextualiser des vidéos partagées sur l’application grâce à des « Footnotes », des notes ajoutées directement par les usagers, un système déjà utilisé entre autres par le groupe Meta et par X.

« Footnotes s’appuie sur les connaissances collectives de la communauté TikTok, permettant aux utilisateurs d’ajouter des informations pertinentes au contenu de notre plateforme », a déclaré Adam Presser, le patron de la sécurité du réseau social.

Une efficacité « douteuse »

Pour pouvoir publier ces notes, les utilisateurs doivent avoir un compte certifié actif depuis au moins six mois et être basés aux États-Unis. Plus de 170 millions de comptes sont répertoriés dans le pays, mais selon la plateforme, seuls près de 80.000 utilisateurs ont été retenus pour publier ces notes.

Mais nombre de chercheurs s’interrogent sur l’efficacité réelle de cette fonctionnalité face au flot de fausses informations qui se déverse chaque jour sur les réseaux sociaux : une étude a récemment révélé que plus de 90 % des notes contextuelles écrites sur X n’ont jamais été publiées, limitant donc leur impact sur les utilisateurs.

La question de la liberté d’expression

Les réseaux sociaux utilisent de plus en plus les contributions directes de personnes, au détriment de fact-checkeurs professionnels. Meta a ainsi supprimé, en avril dernier, son programme de fact-checking aux États-Unis et a assoupli la modération sur ses plateformes, Mark Zuckerberg estimant que ces politiques menaient à « trop de censure ».

Une décision largement décriée par les professionnels de lutte contre la désinformation. Elle est aussi vue comme un moyen de s’aligner avec la politique de Donald Trump, dont la base estime que la vérification des faits sur les plateformes constitue une atteinte à la liberté d’expression.

Notre dossier « Fake News »

Comme alternative, Mark Zuckerberg a lancé les notes collaboratives sur les applications Facebook et Instagram. Ces dernières peuvent être efficaces pour des sujets sur lesquels il existe un large consensus, mais, selon des chercheurs, elles peuvent aussi être utilisées pour, par exemple, critiquer un opposant politique.