Les notes de contexte sur X servent-elles vraiment à lutter contre la désinformation ?
MODERATION•Plus de 90 % des « community notes » ne sont jamais publiées sur le réseau socialH. B. avec AFP
Les « community notes » mises en place par Elon Musk ont-elles une réelle utilité ? Présentées comme une alternative à la vérification des contenus (fact-checking), les notes de contexte proposées par les utilisateurs de X semblent inefficaces pour lutter contre la désinformation sur Internet, estime une nouvelle étude américaine.
Plus de 90 % de ces notes de contexte ne sont en effet jamais publiées sur X, indique cette enquête publiée mercredi par l’ONG américaine Digital Democracy Institute of the Americas (DDIA, Institut pour la démocratie digitale des Amériques).
« La vaste majorité des notes soumises ne parviennent jamais au public »
Sur X (ex-Twitter), les utilisateurs peuvent depuis plusieurs années proposer, en dessous d’une publication, un commentaire, ou « community note », pour ajouter du contexte ou signaler une erreur factuelle. C’est ensuite aux autres utilisateurs, par un système de vote, de dire s’ils considèrent ce commentaire utile ou non. Si suffisamment de personnes votent en sa faveur, la note est rendue visible pour l’ensemble des internautes en dessous de la publication d’origine.
En étudiant 1,76 million de ces notes proposées entre janvier 2021 et mars 2025, le DDIA a conclu que « la vaste majorité des notes soumises - plus de 90 % - ne parviennent jamais au public ». Une grande partie des notes qui restent non publiées le sont par manque de consensus lors de la phase de vote, tandis que d’autres ne sont même jamais proposées au vote, explique l’étude.
TikTok et Meta s’y mettent aussi…
Ces « community notes », lancées par X sous la direction de Linda Yaccarino, qui a démissionné mercredi, sont désormais envisagées par les concurrents TikTok et Meta. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg a annoncé en janvier mettre fin à son programme de vérification des contenus par des journalistes aux Etats-Unis, assimilant cette pratique à de la « censure », reprenant ici les termes du parti Républicain au pouvoir.
Le volume de contenus nocifs, y compris haineux, a augmenté depuis lors sur ses plateformes (Facebook, Instagram, Threads…) aux Etats-Unis, selon une enquête publiée en juin par des organisations de défense des droits numériques et humains, notamment UltraViolet, Glaad et All Out.
L’Union européenne, qui s’est dotée d’un texte visant à endiguer les contenus illégaux et la désinformation sur Internet (DSA), pourrait avoir bientôt à trancher sur les obligations précises des réseaux sociaux à ce sujet.



















