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Meta autorise certaines insultes visant les femmes et les personnes LGBT

Facebook : On peut désormais dire que les femmes sont « des objets ménagers » et les gays « des malades mentaux »

sans MODÉRATIONAprès avoir annoncé la fin de son programme de fact-checking, le géant de la tech a discrètement mis à jour sa politique sur les comportements haineux, en supprimant certaines restrictions
Hakima Bounemoura

H. B.

Meta semble aujourd’hui procéder à une véritable refonte de toute sa politique de modération. Le géant de la tech, maison mère de Facebook, Threads et Instagram, a annoncé ce mardi qu’il mettait fin à son programme de fact-checking aux États-Unis pour le remplacer par un système de notes de contexte, semblable à celui du réseau social X.

Mais l’entreprise a également discrètement mis à jour sa politique sur les comportements haineux aux Etats-Unis, en ajoutant de nouveaux types de contenus que les utilisateurs sont désormais autorisés à poster sur les plateformes. De premiers changements dans les règles de modération ont d’ores et déjà été mis en place, relève ainsi le site américain The Verge.

« Nous autorisons les allégations de maladie mentale fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle »

Il est toujours interdit d’écrire des messages haineux ou discriminants par rapport à la religion, les origines ou l’identité sexuelle de quelqu’un, mais certaines « restrictions » ont tout simplement été supprimées. Sur Facebook ou Instagram, il est dorénavant autorisé de qualifier les personnes homosexuelles et transgenres de « malades mentaux » ou de parler des femmes comme d’« objets ménagers ».

« Nous autorisons les allégations de maladie mentale ou d’anormalité lorsqu’elles sont fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle, compte tenu du discours politique et religieux sur le transgendérisme et l’homosexualité et de l’utilisation courante et non sérieuse de mots tels que "bizarre" », écrit ainsi Meta dans sa nouvelle politique de modération (standards de la communauté).

L’entreprise a également supprimé une formulation interdisant les contenus ciblant des personnes sur la base de leurs « caractéristiques protégées », qui comprennent la race, l’appartenance ethnique et l’identité sexuelle, lorsqu’elles sont associées à des « allégations selon lesquelles elles sont porteuses du coronavirus ou l’ont propagé ». Sans cette disposition, il serait donc désormais permis d’accuser, par exemple, les Chinois d’être responsables de la pandémie de Covid-19, note le site américain Wired.

Un assouplissement des règles de modération « à l’échelle mondiale »

« Il n’est pas normal que des choses puissent être dites à la télévision ou au Congrès, mais pas sur nos plateformes », a écrit Joel Kaplan, le nouveau directeur des affaires mondiales de Meta, dans un article de blog décrivant les changements. Corey Chambliss, porte-parole de Meta, a par ailleurs expliqué que « ces restrictions » sur la politique de modération seraient assouplies à l’échelle mondiale, mais que Meta se plierait aux législations locales dans les pays où les réglementations en matière de discours de haine sont plus strictes.

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Ces changements inquiètent les associations américaines féministes et de défense des personnes LGBT+. Dans un communiqué, Sarah Kate, la présidente de l’association pro-LGBTQ Glaad, affirme que « Meta donne le feu vert à des personnes pour cibler les personnes LGBTQ, les femmes, les immigrants et d’autres groupes marginalisés avec de la violence, du vitriol et des récits déshumanisants. »