A 21 ans, Hugo Hilaire, star internationale de TikTok, danse avec Jason Derulo et DJ Snake
PORTRAIT•Reconnaissable à sa chemise blanche, ses Air Force abîmées et ses mouvements de danse « atypiques », Hugo a 21 ans, vient de Valence et cumule 7 millions d’abonnés sur ses réseaux. Parmi ses fans, Jason Derulo, DJ Snake ou encore Doja CatElise Martin
L'essentiel
- Hugo Hilaire est un jeune danseur de 21 ans originaire de Valence qui s’est fait connaître sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok où il a près de 5 millions d’abonnés
- Son style de danse qu’il qualifie d'« atypique » et sa notoriété lui ont permis de rencontrer des stars internationales comme DJ Snake et Jason Derulo.
- Toujours habillé de la même manière et réalisant ses vidéos pratiquement au même endroit, il a compris rapidement ce qui plaisait à sa communauté. Sa mère Odile se prête également au jeu et danse parfois avec lui.
«C’est complètement fou, j’ai commencé là, dans mon hall d’entrée et j’ai fini à Ibiza avec Jason Derulo », réalise à peine Hugo Hilaire, 21 ans, chez lui à Valence. Cet après-midi-là, ce danseur sur les réseaux sociaux aux 7 millions d’abonnés, n’a pas son emblématique chemise blanche ni son pantalon gris. Mais il porte ses Air Force (très) usées.
« Une fois, je n’avais vu que des commentaires sous ses vidéos sur le fait qu’elles étaient sales, se remémore Odile, la mère d’Hugo. J’ai donc décidé de les laver. Je me suis fait rouspéter ! Je ne savais pas que ça faisait partie de son ''costume'' pour qu’on le reconnaisse. » Elle aussi fait partie des « l’identité de marque » du jeune danseur connu sur TikTok et Instagram. « Comme je fais mes vidéos le soir, il arrive que mes parents passent dans le champ, explique le danseur. J’ai vu que ça générait de l’interaction, j’ai donc décidé d’en jouer. » Odile se prête souvent au jeu. « C’est marrant », lance-t-elle. Avant d’assurer, en le regardant : « Je suis sa fan n° 1. »
« Il a toujours dansé »
Pour sa famille, le succès d’Hugo est assez « inattendu ». « Personne ne danse dans la famille, c’est vraiment le premier », précise sa mère, secrétaire comptable à la retraite. « Mais il a toujours dansé, depuis qu’il est tout petit. Il était toujours en train de bouger son corps. Et il adorait faire le clown et faire rire tout le monde », affirme-t-elle. « Moi, je me souviens que, quand j’avais 4 ans, je dansais pour essayer de te calmer quand tu étais fâchée », lance Hugo à sa mère, imitant la musique et la danse en question. Odile acquiesce de la tête en souriant le voir faire.
« Il était si content quand je lui prêtais mon appareil photo », se rappelle à son tour Jean-François, son père. Pas difficile de le prouver. En deux, trois clics, il lance sur son ordinateur une vidéo de 2013. Hugo a à peine 10 ans. Il est dans son salon et se filme en train de faire enchaînements de hip-hop. « Je venais de m’inscrire en club, là, se rappelle-t-il. Je m’enregistrais pour pouvoir voir mon évolution et si je faisais correctement les pas. »
D’après les archives de Jean-François, Hugo a toujours eu envie d’avoir une communauté. Sur une autre vidéo, de la même époque, il s’adresse à la caméra pour « expliquer comment faire la vague avec ses bras ». Son premier tutoriel. « C’est drôle parce que je ne m’en souvenais pas du tout. Et pourtant, la vague, c’est ma vie. Je la fais tout le temps. Encore maintenant, je l’intègre dans toutes mes danses. »
Des mouvements « atypiques »
C’est avec ses mouvements « atypiques » qu’il s’est d’ailleurs démarqué. Il a commencé à poster des vidéos pendant le confinement, sur une idée de sa grande sœur. Puis, c’est un défi avec un camarade de BTS, Kingofmyroom, qui le pousse à publier régulièrement. « Au début, je testais un peu tout, se souvient-il. Des contenus humoristiques, de la danse. Ce qui m’a fait ‘’percer’’, c’est une vidéo où je fais du shuffle sur une musique de Niska et où j’exagère énormément le mouvement. Ça a surpris et ça a fait réagir. Même Niska a republié la vidéo sur son Twitter. »
Aujourd’hui, quatre ans plus tard, Hugo a compris la recette du « succès ». Comme résume sa mère, c’est « un créateur de danse et de tendance ». Surfant sur les tendances, il a décidé de ne plus intégrer de texte en français sur ses contenus et d’utiliser des hashtags américains. Résultats ? « Je suis passé du côté international de la force », rigole-t-il en se frottant les mains.
DJ Snake, Jason Derulo et même Doja Cat
Une notoriété qui lui a ouvert des portes au point où ce Drômois a récemment appris sa danse fétiche à DJ Snake et Jason Derulo. « Et Doja Cat a parlé de moi dans une interview, s’exclame-t-il, les mains sur ses joues, mimant une personne choquée, la bouche ouverte. On lui a demandé ce qu’elle aimait regarder sur les réseaux sociaux et elle a répondu ‘’that white guy dancing afro’’. On ne sait pas vraiment si elle parlait vraiment de moi mais en tout cas, celui qui danse sur de l’afro, c’est moi. C’est crazy. »
La prochaine étape ? « Je ne sais pas trop, je vais continuer de profiter parce qu’on ne sait jamais trop combien de temps ça peut durer. Qui aurait pu imaginer ce qu’il s’est passé en dix ans », répond-il, lucide. Il rêve tout de même de lancer sa propre marque de vêtements. En attendant, il allume sa ringlight dans son hall, pose son téléphone en bas de son miroir et commence un enchaînement de pas sur Mamushi (feat. Yuki Chiba) de Megan Thee Stallion. Là où tout a commencé…



















