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De « SDF à millionnaire », l’expérience douteuse de Dali Dutilleul

TikTok : « De SDF à millionnaire »… Mais c’est quoi encore ce projet farfelu mené par Dali Dutilleul ?

wtfLe youtubeur Dali Dutilleul a lancé un projet nommé « De SDF à millionnaire ». Chez « 20 Minutes », on s’est dit à première vue que l’idée était un peu limite et on a eu envie d’en savoir plus
Lina Fourneau

Lina Fourneau

L'essentiel

  • Début janvier, le youtubeur Dali Dutilleul a lancé le projet « De SDF à millionnaire » consistant à partir de rien, sans argent ni affaires, et tenter de gagner 1 million d’euros en trois mois.
  • Si le projet est extrêmement gênant au départ, le vidéaste insiste sur le fait que les gains seront reversés aux Restos du cœur.
  • On fait un bilan d’étape avec lui après un mois d’expérience.

2024 sera un très bon cru en matière de projets farfelus partagés sur TikTok. Il suffit de voir un des premiers de l’année, lancé par le vidéaste Dali Dutilleul : « De SDF à Millionnaire ». Titre aguicheur, un peu dérangeant et à la limite de l’acceptable… on a bien envie de comprendre ce qu’il va se jouer ici. Dans une première vidéo publiée le 1er janvier, le passionné de développement personnel - suivi par 435.000 abonnés sur YouTube et 1 million sur Tiktok - le décrit comme « le projet le plus ambitieux de [sa] vie ». L’objectif ? Partir de rien et gagner le million en seulement trois mois. Pour cela, Dali Dutilleul se donne le défi de sillonner la France avec seulement un acolyte, un sac à dos et une carte bleue vides, un sac de couchage, un téléphone et son matériel de tournage. « Une seule tenue chaude de départ », insiste Dali Dutilleul.

Départ le 6 janvier dernier depuis La Roche-sur-Yon, en Vendée, où les deux aventuriers tentent de récolter de l’argent en faisant la manche ou en proposant leur aide à des commerces. Mais des règles s’imposent ici, les deux hommes ne pourront ni demander de l’aide ni dépenser plus d’argent que ce qu’ils gagnent au fil de la journée.

Au fil du visionnage, des premières questions nous taraudent, notamment lors du premier épisode qui montre la nuit passée dehors dans le froid. Est-ce réellement humain de choisir ce mode de vie qui, la plupart du temps, n’est pas volontaire ? N’est-ce pas un peu indécent de faire du buzz sur des situations plus que précaires ? « Nous n’avons pas la prétention d’être sans-abri, et le message n’est pas de dire "un SDF peut faire comme nous". Le but est, en trois mois, d’essayer de monter un business et de remporter un million d’euros. » En réalité, le projet n’est pas « juste » de s’en mettre plein les poches, mais a une visée humanitaire. Tout l’argent récolté devrait être reversé aux Restos du cœur.

Un confort vite retrouvé

Si on s’attendait à une épopée au visionnage, au fil des épisodes, le projet évolue et doit revoir ses ambitions à la baisse. D’un homme qui fait la manche et demande des restes aux boulangeries, Dali Dutileul et son comparse finissent par acheter un ordinateur hors de prix pour se lancer dans l’entrepreneuriat. A la question « pourquoi ne pas privilégier des outils plus accessibles, plus adaptés à leur budget », le youtubeur justifie « une question d’habitude ». « On s’est orientés vers quelque chose qui nous était familier. » Finalement, le confort et le matérialisme du quotidien reprennent vite le dessus. Au bout de six épisodes, les deux hommes ne font plus la manche mais démarchent des clients, qu’ils rejoignent même en Estonie.

Dans les commentaires, on s’interroge même sur ce qui est réellement vendu auprès de ces clients. Et pourquoi ne pas le dire clairement ? « Ça peut être connoté négativement et surtout ça ne les intéresse pas spécialement », justifie le créateur de contenus à notre micro. En réalité, Dali Dutilleul a lancé une agence de marketing en ligne où il aide ses clients à vendre leurs produits. Ici, un coach sportif et ses formations. Mais, au téléphone, l’intéressé se dit tiraillé entre l’envie « de se faire le plus facilement de l’argent » versus « le moyen le plus sympa et divertissant pour les vidéos ». « Ce n’est pas très intéressant et il y a moins de choses à annoncer, car on passe plus nos journées sur l’ordi. Puis c’est difficile de montrer en vidéo tout ce qu’on fait, on ne s’en rend pas compte mais tout filmer, c’est beaucoup de travail. »

« C’est un casse-tête »

Un mois après le début - car les aventuriers ont une semaine d’avance sur la publication - l’heure est au premier bilan. « Je suis hypersatisfait du projet, mais j’ai du mal à me projeter sur trois mois, j’ai l’impression que ça fait beaucoup », confie Dali Dutilleul. Pensant au départ souffrir physiquement, le youtubeur a, en réalité, plus de difficultés sur le mental. « C’est un casse-tête et ça entraîne beaucoup de doutes, beaucoup de questionnements et surtout la peur d’échouer. » Lui-même en est d’ailleurs un peu revenu. Au point de se dire que ce n’est plus si grave si le million n’est pas atteint, que le challenge est plus symbolique qu’autre chose. « L’objectif c’est de gagner de l’argent. On peut se permettre de tenter de nouvelles choses quitte à délaisser un peu ce business qui certes peut nous rapporter beaucoup, mais risque aussi de nous ennuyer. » Au contraire, son binôme, lui, vise le million.

C’est d’ailleurs la grosse difficulté que rencontrent les aventuriers, se supporter jour et nuit dans un projet trop ambitieux en si peu de temps. « On est deux donc forcément il y a des disputes qu’on ne voit pas trop. C’est forcément dur de vivre avec quelqu’un H24. » Si le projet est moins cata que sur le papier, on ne s’enflammera pas non plus à dévoiler nos pronos sur l’objectif attendu.