Mineurs cyberharcelés : Un quart des familles touchées
Violences en ligne•« C’est une proportion énorme, qui signifie qu’il n’y a plus de classes ou d’établissements scolaires à présent qui ne vivent pas de harcèlement », souligne l’association e-Enfance20 Minutes avec AFP
Le cyberharcèlement répand parfois son poison dès l’école primaire. Et il touche de nombreuses familles. Un quart des foyers français ont déjà été confrontés au cyberharcèlement d’un mineur, selon un sondage publié ce mardi par l’association e-Enfance qui répond au 3018, numéro national pour les victimes de violences numériques.
« C’est une proportion énorme, qui signifie qu’il n’y a plus de classes ou d’établissements scolaires à présent qui ne vivent pas de harcèlement », souligne Justine Atlan, directrice générale d’e-Enfance. Dans le détail, 15 % des enfants en école primaire ont déjà été confrontés au cyberharcèlement, indique cette étude financée par la Caisse d’épargne. C’est également le cas de 25 % des mineurs au collège et de 27 % de ceux au lycée.
La « fréquentation intense » des réseaux sociaux par les enfants
Pour faire face à ce phénomène d’ampleur, le gouvernement a présenté fin septembre une série de mesures, allant du signalement systématique des cas de harcèlement à la justice à la volonté d’exclure les élèves harceleurs des réseaux sociaux. Ce développement du cyberharcèlement s’explique notamment par la « fréquentation intense » des réseaux sociaux par les enfants, dès l’école primaire. Ainsi, 86 % des 8 à 18 ans sont inscrits sur ce type de site, dont 67 % des écoliers, 93 % des collégiens et 96 % des lycéens.
Le sondage montre que la moitié des victimes ont rencontré des difficultés dans leur scolarité et ont été perturbées par « des insomnies, des troubles de l’appétit, du désespoir ». « Le cyber a fait sortir le harcèlement des murs de l’école, les victimes n’ont plus de moment d’apaisement le soir ou le week-end car la violence continue en ligne, ce qui est extrêmement traumatisant », pointe Justine Atlan.
Cyberharceler pour « rigoler »
Parmi les sondés, 6 % des enfants reconnaissent avoir été auteur de cyberharcèlement, parfois de façon involontaire. Ceux qui ont eu un tel comportement l’ont majoritairement fait pour « rigoler » (47 %). « Cela montre que l’on n’a pas tous le même niveau d’empathie naturellement, on voit le travail à faire pour éveiller les consciences », commente Justine Atlan.
Le gouvernement prévoit à cet effet de généraliser à la rentrée 2024 les cours d’empathie, une méthode de lutte contre le harcèlement mise en place depuis une vingtaine d’années dans les pays scandinaves. D’autres mineurs ont participé à du cyberharcèlement pour « faire comme les autres » (29 %), « se faire accepter » (24 %) ou « se venger » (10 %). Cette étude a été réalisée par l’institut Audirep en juin par Internet, auprès d’un échantillon de 1.200 binômes, composés d’un parent et de son enfant mineur scolarisé.



















