Entre Apple et Google, c'est la «guerre thermonucléaire»
HIGH-TECH•Lors de la conférence d'ouverture de la WWDC, Apple a multiplié les attaques, frontales ou détournées...Philippe Berry
Steve Jobs avait juré de démarrer une «guerre thermonucléaire» contre Android. Le cofondateur d'Apple ne se trouve peut-être plus à la barre, mais Tim Cook a repris le flambeau, lundi. Lors de la conférence d'ouverture de la Worldwide Developers Conference, les multiples annonces l'ont confirmé: la bataille du SoLoMo (social, local, mobile) bat son plein.
Cartographie et services locaux
Apple a décidé de couper le cordon avec Google et d'utiliser une solution de cartographie maison. Pour cela, Apple a acquis plusieurs entreprises spécialisées au cours des deux dernières années et passé un partenariat avec TomTom. Cartes 3D, trafic en temps réel «crowdsourcé» (via les données anonymisées des utilisateurs mobiles), navigation au tour par tour... L'iPhone rattrape son retard sur Android.
Surtout, qui contrôle la carte contrôle la publicité et les services géolocalisés. Google a racheté le site/guide de restaurants Zagat; Apple riposte avec un partenariat avec Yelp et OpenTable.
Siri et la recherche
Sur mobile, Siri court-circuite de plus en plus de recherches. En étendant le domaine de compétence de l’assistant au sport et au cinéma, Apple continue sur sa lancée.
Pour l'instant, Apple utilise encore Google comme moteur de recherche par défaut. Lundi, Tim Cook a toutefois annoncé que Baidu serait le service de base en Chine. Combien de temps avant qu'Apple choisisse Bing aux Etats-Unis contre un gros chèque de Microsoft?
Clash des écosystèmes mobiles
«Est-ce que certains d'entre vous (développeurs, ndr) ont travaillé sur Ice Cream Sandwich ou Jelly Beans? Qui a choisi ces noms, Ben&Jerry's?» a raillé Siri en ouverture, moquant les différentes versions d'Android. Plus sérieusement, Apple s'en est pris à la «fragmentation» du système de Google, relevant qu'Ice Cream Sandwich ne représentait que 7% des terminaux Android. La plupart des utilisateurs sont en effet coincés sur des modèles non compatibles et/ou avec des constructeurs qui traînent volontairement des pieds afin d'écouler plus de nouveaux smartphones.
En face, l'architecte en chef d'Android, Andy Rubin, a relevé que l'OS de Google avait désormais passé le stade des 900.000 activations quotidiennes et conserve près de 50% du marché mondial des smartphones, malgré un certain tassement de la croissance aux Etats-Unis.
Malgré tout –et contrairement aux prédictions faites par le président de Google, Eric Schmidt, en décembre dernier– deux développeurs sur trois choisissent d'abord de proposer une app sur iOS, avant de passer à Android, selon le cabinet d'analyse Flurry. La raison principale: l'argent. Malgré un essor de la publicité, les apps iPhone les plus populaires génèrent encore quatre fois plus de revenus que celles sur Android, selon Flurry. Pour inverser la tendance, Google doit réussir à percer sur le marché des tablettes. Selon les spéculations, l'entreprise pourrait dévoiler un modèle «Nexus» bon marché lors de la conférence Google i/o, fin juin.



















