Piratage: L'Hadopi défend sa méthode d'identification par adresse IP

HIGH TECH La Haute autorité veut faire taire les polémiques sur la question de la fiabilité de l'IP, après que le ministère de la Culture, accusé de télécharger illégalement par le site YouHaveDownloaded, réfute tout piratage rue de Valois...

A.G.

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Capture d'écran du site Hadopi
Capture d'écran du site Hadopi — 20Minutes.fr

Le site YouHaveDownloaded propose depuis quelques semaines aux internautes de retrouver, grâce à une adresse IP, une partie des fichiers publics qu’ils ont téléchargés sur BitTorrent. Après découverte de ce site, le blog anti Hadopi Nikopik.com a voulu savoir si l’Elysée et le ministère de la Culture respectaient la loi, en utilisant les adresses IP attribuées au Palais présidentiel et à la rue de Valois. Conclusions: l’Elysée aurait téléchargé des fichiers illégalement et «sur les 65.025 adresses IP officiellement attribuées au ministère de la Culture, plus de 250 ont été repérées comme faisant transiter du contenu illégal durant les deux derniers mois», peut-on lire sur le blog.

Immédiatement, l’Elysée et le ministère de la Culture ont réfuté ces accusations. «Soit il y a véritablement des téléchargements illégaux qui ont été effectués depuis le ministère de la Culture, soit l’utilisation des adresses IP pour identifier d’éventuels cas de téléchargement illégal n’est pas du tout fiable», avait estimé Nicolas Perrier, auteur de l’article sur le blog anti Hadopi. La question de la fiabilité de l’IP a alors rapidement créé la polémique ces derniers jours, puisque TMG, le prestataire chargé de repérer les pirates pour le compte des ayant-droits, utilise la collecte d’adresses IP. Adresses qui sont ensuite envoyées à l'Hadopi afin qu'elle puisse envoyer des avertissements aux internautes.

«L’Hadopi met en garde contre toute conclusion hâtive»

Pour l’Hadopi, ce n’est pas comparable. Dans un communiqué publié jeudi, elle «met en garde contre toute conclusion hâtive» tirée des observations du blog Nikopik à partir des résultats obtenus sur YouHaveDownloaded. La haute autorité explique que TMG ne se contente pas de «recenser les annonces de partage sur tel ou tel tracker BitTorrent» et qu’elle «ne se limite pas à un simple relevé des informations disponibles sur les trackers» comme le fait selon elle YouHaveDownloaded.  Sa méthode serait bien plus perfectionnée. En effet, Numerama explique que TMG doit  «initier des téléchargements pour vérifier que l'adresse IP qu'il reçoit en réponse à une requête partage effectivement le fichier recherché.»

La Haute autorité conclut: «L’expertise diligentée à la demande de l’Hadopi a apporté toutes assurances sur sa fiabilité». Or, la méthode utilisée par TMG, qui transmet les adresses IP incriminées à l’Hadopi, n’a jamais été certifiée par un expert indépendant, chose que demandait la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) dès juin 2010: «Il serait préférable que le système de collecte soit ‘homologué’ par un tiers de confiance pour renforcer la sécurité juridique des constats», avait estimé le rapporteur de la Cnil.