Amazon se lance dans le prêt de livres numériques

HIGH TECH Pour 79 dollars par an, les possesseurs de Kindle pourront emprunter un livre par mois parmi les 5.000 que propose pour le moment la bibliothèque virtuelle du géant de la distribution...

Anaëlle Grondin

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La bibliothèque virtuelle d'Amazon.
La bibliothèque virtuelle d'Amazon. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

Amazon poursuit son incursion dans le domaine du livre électronique. Après s’être lancé dans l’édition, voilà que le géant de la distribution en ligne veut concurrencer les bibliothécaires.

Le groupe américain a lancé outre-Atlantique jeudi une bibliothèque virtuelle, riche de 5.000 ouvrages. Comme Amazon l’explique sur son site, celle-ci est destinée aux possesseurs de Kindle (toutes générations) qui ont souscrit à son abonnement Prime. Jusqu’à présent, cet abonnement qui coûte 79 dollars par an permettait aux consommateurs de bénéficier de la livraison gratuite et de regarder des films et séries en streaming de manière illimitée.

Ceux qui possèdent l’appareil Amazon et paient pour cette offre peuvent donc désormais emprunter des ouvrages, ou plutôt un pour commencer. Car le prêt est restreint à un seul livre par mois. En revanche, il n’y a aucune date limite de retour pour l’e-book. En empruntant un autre livre électronique, le prêt précédent sera automatiquement retiré du Kindle. Parmi les titres proposés pour le moment par Amazon figurent des ouvrages assez récents classés notamment dans le top du New York Times des 100 meilleures ventes.

Les grands éditeurs s’inquiètent pour les ventes d'e-book

«Nous nous attendons à trois résultats immédiats: les possesseurs de Kindle liront encore plus, les revenus des éditeurs vont croître, et les auteurs vont obtenir plus de chèques pour leurs droits d’auteur», a déclaré Russ Grandinetti, vice-président des contenus Kindle.

Toutefois, le Wall Street Journal souligne qu’aucune des six grandes maisons d’édition américaines (Random House, HarperColllins, Penguin, MacMillan, Simon & Schuster et Hachette), inquiètes de voir les ventes d’e-books se réduire au profit des prêts, ne participent à cette aventure. Si le modèle économique de ce projet suscite les interrogations, Amazon a assuré que des droits d'auteur seraient versés aux maisons d'édition pour les locations d’ouvrage.

En avril dernier, Amazon avait passé un accord avec 11.000 bibliothèques américaines afin qu’elles proposent des livres électroniques Kindle en prêt. Il s’agit pour le géant du e-commerce d’inciter les consommateurs à acheter sa liseuse. Pour cette même raison, les livres électroniques que vend ou prête Amazon ne peuvent pas être lus sur smartphones, tablettes (même avec des applications) ou PC, mais uniquement sur Kindle.