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Le boom de l’IA provoque une pénurie de puces mémoire

Le boom de l’IA provoque une pénurie de puces mémoire et l’augmentation du prix des appareils électroniques

Loi du marchéL’essor de l’intelligence artificielle entraîne une demande croissante pour la RAM, ou mémoire vive, ce qui augmente son prix pour les appareils grand public
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le développement à marche forcée de l’intelligence artificielle (IA) a créé une pénurie de puces de mémoire vive, faisant grimper les coûts de fabrication. Cela pourrait augmenter le prix des produits électroniques grand public.

Depuis trois ans, l’attention s’était surtout concentrée sur les puces dites GPU, les processeurs nécessaires pour développer et utiliser les grands modèles d’IA générative. Mais si les GPU, ou leurs petits frères, les CPU, gèrent les demandes de calcul d’un serveur informatique ou d’une console de jeu, l’ensemble a aussi besoin de mémoire, assurée par d’autres puces, les RAM (Random Access Memory) ou DRAM. Il s’agit de la mémoire dite vive, mobilisable instantanément et qui n’a pas vocation à être conservée de façon permanente, comme c’est le cas sur un disque dur.

Les tarifs explosent

« Le marché de la mémoire est à un moment charnière », ont écrit, en décembre, les analystes du cabinet IDC, « où la demande dépasse sensiblement l’offre ». L’industrie s’adapte en urgence, s’en remettant à d’autres composants ou cherchant des lignes de production disponibles, « parce que la disponibilité est primordiale » dans un contexte ultra-concurrentiel, explique Craig Luhrmann, de l’équipe commerciale de Socionext, spécialiste des circuits intégrés.

Et les prix se sont rapidement ajustés à ce déséquilibre, au sein d’un secteur dominé par les Sud-Coréens Samsung et SK Hynix, ainsi que l’Américain Micron. « Il y a deux ans, on était à un quart » des tarifs pratiqués aujourd’hui, selon lui. Pour ce vétéran de l’industrie, l’aspiration vient d’abord des centres de données, construits à toute allure pour suivre l’explosion de la demande d’IA générative.

Mais l’intelligence artificielle bouleverse aussi l’architecture des ordinateurs personnels et des smartphones, sans compter l’émergence des objets connectés, exposés par dizaines cette semaine au salon de la technologie CES de Las Vegas, dans l’ouest des Etats-Unis, et capables de réaliser des opérations sans cesse plus complexes.

Des entreprises contraintes au compromis

Un groupe comme Nvidia, qui fabrique des GPU et CPU et ne vend quasiment qu’à des entreprises, peut se permettre d’absorber tout ou partie du surcoût des RAM, selon Craig Luhrmann, car ses marges sont très élevées (73 % de marge opérationnelle). Mais ce n’est pas le cas pour beaucoup d’acteurs de l’électronique grand public. Certains « vont devoir faire des compromis », avertit Michal Siwinski, responsable produit chez Arteris, dédié à la rationalisation des circuits intégrés.

Pour les nouveautés IA, « peut-être que le chien robot va renifler et se rouler par terre, mais il ne pourra pas aboyer parce qu’il n’y aura pas assez de mémoire », illustre le responsable. De manière générale, « cela peut vouloir dire qu’on va parfois utiliser moins de mémoire » volontairement, abonde Avi Greengart, président du cabinet Techsponential, ou « choisir pour des ordinateurs portables des puces conçues initialement pour des smartphones ». Pour plusieurs observateurs, les équipementiers pourraient faire le choix de préserver les prix des produits de base tout en relevant ceux du haut de gamme, dont les consommateurs sont moins sensibles à ces ajustements.