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C’est quoi la messagerie Encrochat, dont le concepteur dort en prison ?

C’est quoi la messagerie cryptée Encrochat, dont le concepteur dort en prison ?

CriminalitéSeiji Godo, concepteur de la messagerie cryptée Encrochat, utilisée par de nombreux réseaux de criminalité, a été extradé en France depuis la Suisse
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Seiji Godo, le concepteur de la messagerie cryptée Encrochat, a été mis en examen et écroué en France pour son rôle dans la création de cette technologie utilisée par des criminels.
  • Encrochat était une messagerie « inviolable » utilisant des téléphones modifiés vendus 1.000 euros avec un abonnement annuel de 3.000 euros, qui a attiré l’attention des autorités en apparaissant dans des affaires de stupéfiants.
  • Le démantèlement d’Encrochat en 2020 a conduit à « l’arrestation de plus de 6.500 personnes », l’évitement « d’une centaine d’assassinats ou enlèvements » et la saisie de « près de 900 millions d’euros d’avoirs criminels » selon Europol.

Seiji Godo, un Canadien vivant en Suisse qui a conçu la messagerie cryptée Encrochat accusée d’avoir facilité de nombreux usages criminels, a été mis en examen le 17 mars puis écroué puis incarcéré à la prison parisienne de la Santé.

Extradé en France depuis la Suisse, il a été mis en examen par une juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille, ville près de laquelle étaient localisés les serveurs d’Encrochat,

Une messagerie utilisée par les criminels

Selon l’une des sources proches du dossier, Seiji Godo était le directeur technique d’Encrochat et un « geek » qui a « fabriqué un produit technique ultra-sécurisé qui n’avait pas vocation à être vendu à des criminels ». Cette technologie « paraissait très novatrice et agressive à l’époque, mais on la retrouve aujourd’hui sur tous les iPhone », a ajouté une autre source proche.

Ce qui faisait la force d’Encrochat au moment de sa création en 2017, c’est qu’elle était considérée comme « inviolable ». En effet, plutôt qu’une application qui pouvait devenir une faille, la marque vendait directement des téléphones modifiés, sans caméra, micro, géolocalisation… Ces appareils coûtaient 1.000 euros, auxquels il fallait ajouter un abonnement de 3.000 euros par an.

Cette messagerie et ces appareils ont commencé à apparaître petit à petit dans les perquisitions et pièces à conviction des affaires de stupéfiants, mettant la puce à l’oreille des autorités françaises et bientôt mondiales. En 2020, plus de cent policiers français travaillaient sur le sujet.

Un coup de filet mondial

A partir de 2020, une infiltration de la plateforme a été effectuée par les autorités européennes, amenant à son démantèlement. Une autre enquête, centrée sur le volet financier, est aussi menée aux Pays-Bas.

Cela avait permis, d’après Europol en juillet 2023, l’arrestation de plus de 6.500 personnes arrêtées, l’évitement « d’une centaine d’assassinats ou enlèvements » et la saisie ou le gel de près de 900 millions d’euros d’avoirs criminels. Les condamnations prononcées se montaient alors à 7.134 années de prison, dans plus d’une centaine de pays.

Notre dossier sur la cybercriminalité

Les autorités ont démantelé ces dernières années d’autres messageries cryptées suspectées d’avoir favorisé des usages criminels, dont Sky ECC, autour de laquelle devrait se tenir un procès aux assises de Paris prochainement.