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Apple va permettre aux utilisateurs européens de supprimer l’App Store

Apple va permettre aux utilisateurs européens de supprimer l’App Store et Safari

MonopoleLa société américaine est contrainte par le nouveau règlement sur les marchés numériques de l’Union européenne
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Apple va désormais permettre aux utilisateurs de ses smartphones et tablettes dans l’Union européenne de supprimer les applications de la marque installées par défaut sur ses appareils, comme l’App Store ou le navigateur Safari.

Le fabricant de l’iPhone a pourtant construit son succès en partie sur son écosystème fermé, avec des outils ultracompatibles entre eux et sur différents appareils. Les utilisateurs peuvent difficilement contourner l’App Store pour télécharger des applications mobiles. « Les applications App Store, Messages, Camera, Photos et Safari pourront être supprimées pour les utilisateurs de l’UE, a indiqué Apple sur une page Web d’aide aux développeurs. Seules les applications Réglages et Téléphone ne pourront pas être supprimées. »

Les utilisateurs européens d’iPhone ou d’iPad pourront en outre gérer les paramètres par défaut des navigateurs, de la messagerie, des appels téléphoniques et d’autres fonctions, selon Apple.

Apple lâche du lest face à la commission européenne

Apple ne prend pas cette décision de gaieté de cœur. Depuis l’entrée en vigueur du règlement sur les marchés numériques (DMA) il y a un an, Apple et les autorités européennes sont engagées dans un bras de fer rythmé par des procédures et des menaces.

« Les règles de l’App Store enfreignent le DMA, elles empêchent les développeurs d’applications d’orienter les consommateurs vers des canaux de distribution alternatifs pour des offres et du contenu », a estimé Bruxelles dans un « avis préliminaire » en juin, après une enquête.

Si ces conclusions préliminaires étaient confirmées, et si la firme américaine ne modifiait pas l’App Store d’une manière jugée satisfaisante par l’UE, elle pourrait écoper d’une amende allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial – soit plus de 30 milliards d’euros sur la base des ventes de l’an dernier –, et même jusqu’à 20 % en cas d’infraction répétée.

La sécurité de l’écosystème Apple en jeu ?

Apple a longtemps défendu son écosystème fermé au nom de la sécurité, affirmant que l’ouvrir serait l’exposer au risque d’infiltration par des programmes piégés, compromettant la confidentialité des données des utilisateurs.

« Afin d’assurer la sécurité des utilisateurs en ligne, Apple n’autorisera les développeurs à proposer des navigateurs alternatifs qu’après avoir rempli des critères spécifiques et s’être engagé à respecter un certain nombre d’exigences en matière de confidentialité et de sécurité », a toutefois précisé la société dans son message à l’intention des développeurs.

De nombreuses entreprises, comme Epic Games (Fortnite) et Spotify, luttent depuis des années contre l’écosystème d’Apple, qui oblige les éditeurs d’applications à passer par l’App Store, et donc à verser une commission à Apple.