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Des théories du complot monétisées sur TikTok inquiètent les experts
FAKE NEWS•Certaines vidéos présentant des théories du complot arrivent à être monétisées et suggérées sur le réseau social20 Minutes avec agences
Aux États-Unis, le Sénat doit bientôt se prononcer sur un texte qui forcerait ByteDance, maison mère de TikTok, à vendre pour pouvoir continuer ses activités dans le pays. Le lien supposé du réseau social avec les autorités chinoises inquiète en effet outre-Atlantique.
Mais au-delà du risque de propagande chinoise et de la question des données personnelles des utilisateurs américains, TikTok présente aussi un risque en matière de désinformation. Or ce sujet n’est pas du tout évoqué par les politiciens américains, s’inquiètent plusieurs experts. « La désinformation devrait faire partie du débat sur TikTok », affirme la chercheuse Aynne Kokas, pour qui la popularité de l’application offre une large caisse de résonance à certains propos et tendances.
Des théories du complot monétisées
Depuis quelque temps, des utilisateurs du réseau social monétisent des vidéos étayant des théories du complot, a en outre remarqué l’organisation Media Matters. Ces vidéos, qui utilisent souvent des images générées par l’IA, affirment qu’un astéroïde va bientôt entrer en collision avec la Terre ou que le gouvernement américain a capturé des vampires ou King Kong.
La production de ces vidéos peut vite s’avérer rentable grâce à un programme de TikTok qui vise à rémunérer les créateurs « publiant du contenu original de haute qualité ». Ce nouveau programme a donné naissance à une « industrie artisanale » de théories du complot selon Abbie Richards, de Media Matters. De nombreux tutoriels en ligne expliquent comment créer « des vidéos virales de théories du complot » et créer des revenus grâce au programme de TikTok.
95 % des fake news supprimées, selon TikTok
« Le fait d’inciter financièrement à [créer] des contenus à la fois très viraux et peu coûteux à produire crée un environnement propice au développement de théories de complot », insiste Abbie Richards, citée dans un rapport de Media Matters sur le sujet. « C’est bien que TikTok rémunère les créateurs pour leur travail, mais [elle] ne devrait pas récompenser financièrement des contenus fictifs déguisés en 'théories'. »
« Les théories du complot ne sont pas éligibles à gagner de l’argent ni recommandées », a cependant déclaré une porte-parole de TikTok à l’AFP. « Les fausses informations nuisibles sont interdites, et nos équipes de sécurité en suppriment 95 % de manière proactive avant qu’elles ne soient signalées. »
Les « deepfakes », ces contenus manipulés par IA, se multiplient sur les réseaux sociaux. Face à ce problème, la Commission européenne a récemment demandé des explications à huit grands services en ligne, dont TikTok, Facebook, Google, YouTube et X, sur la façon dont ils géraient la diffusion de ces contenus. Malgré ce risque, de nombreux experts s’opposent à l’interdiction de TikTok, véritable source d’information pour les jeunes, aux États-Unis.



















