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Comment lirez-vous sur l'iPad?

Comment lirez-vous sur l'iPad?

HIGH-TECHApple livre de nouveaux détails sur le mode e-Reader de sa tablette...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

Kindle killer ou pas? C'est the question depuis qu'Apple a dévoilé son iPad fin janvier. La firme à la pomme vient d'ajouter une nouvelle section iBooks sur son site. L'occasion de faire le point.

L'écran

La nouvelle info, c'est que le mode paysage permet –sans grande surprise– d'avoir deux pages face à face, comme un véritable livre (plutôt de poche pour le format). Avantage de l'iPad, son écran rétro-éclairé permet de lire dans le noir. Inconvénient, il ne sera –a priori– pas idéal en plein soleil, alors que l'e-ink et l'écran mat du Kindle ou du Sony Reader donnent véritablement l'impression d'avoir une page de papier devant les yeux, avec des reflets minimum. Sur le confort de lecture en général, il est de coutume de penser que l'écran du Kindle et le papier fatiguent moins les yeux que celui d'un ordinateur. Mais les médecins ne sont pas d'accord, surtout depuis les progrès réalisés sur les écrans LCD. Ce qui compte vraiment selon eux, c'est de faire des pauses, que ce soit devant du papier ou l'écran. Sur l'interface, pas photo: l'absence d'écran tactile pour le Kindle est un vrai handicap, tout comme l'absence de couleurs. Mais il serait surprenant qu'Amazon n'intègre pas cette technologie dans ses futurs modèles, alors que Sony l'a fait pour son Reader. Pour le poids enfin, le Kindle (300g) sort largement vainqueur (700g pour l'iPad).

Achat de livres

Apple ne lancera son application iBooks qu'aux Etats-Unis dans un premier temps, avec cinq éditeurs partenaires. Il faudra donc patienter en France. Apple confirme sur son site avoir choisi l'ePub, un format ouvert, tandis qu'Amazon s'entête avec son format propriétaire. Malgré tout, l'ePub peut s'accompagner de verrous numériques. Selon le Los Angeles Times, Apple devrait dépoussiérer ses DRM FairPlay, comme pour la musique à ses débuts sur iTunes. Les éditeurs auraient cependant la liberté de choix. Il n'est pour l'instant pas clair si des titres ePub achetés en dehors de iBooks pourront être lus sur l'iPad et vice-versa. Le Kindle conserve malgré tout un avantage de poids pour la mobilité: son accès whispernet, qui permet de télécharger des livres via le réseau téléphonique est gratuit. Pour le 3G sur l'iPad, il faudra payer (au minimum 15 dollars par mois) trouver un hot spot wifi non protégé ou faire ses achats à la maison.

Le reste

Apple précise qu'il suffira de cliquer sur un mot pour avoir sa définition dans le dictionnaire (comme sur le Kindle, mais la sélection est plus compliquées sans le touch-screen) ou sur Wikipédia. C'est là que le Kindle montre ses plus grandes limites: son navigateur web minimaliste est presque inutilisable. Amazon a cependant indiqué qu'il travaillait sur sa refonte totale. Reste à voir si un abonnement sera alors nécessaire.

Conclusion

Aux Etats-Unis, à 259 dollars, le Kindle, avec sa bibliothèque de 300.000 titres, reste pour l'instant compétitif (face à un iPad au prix compris entre 499 et 829 dollars). Le modèle grand format, le Kindle DX, à 489 dollars, beaucoup moins. Mais si Apple réussit à convaincre tous les éditeurs de le rejoindre, et que le confort de lecture sur l'iPad se révèle bon sur la durée, Amazon pourrait être forcé de se reconvertir uniquement en marchant de livres électroniques. A moins qu'il ne sorte un nouveau modèle couleur, tactile, véritablement connecté et multimédia.