Zoemini S2 : Canon tire des portraits comme sur Instagram ou Snapchat, mais les imprime en vrai

PHOTO NUMERIQUE L’appareil photo Zoemini S2 de Canon, que « 20 Minutes » a testé, s’inspire d’Instagram et de Snapchat pour tirer des impressions photos qui ressemblent à des stories

Christophe Séfrin
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On a testé l'appareil photo/imprimante Zoemini S2 de Canon — 20 Minutes
  • Canon renouvelle son appareil photo/imprimante Zoemini avec une version baptisée S2.
  • Lancé à 169 euros, ce nouveau modèle évolue surtout par son application largement étoffée qui s’inspire de possibilités créatives d’Instagram et Snapchat.
  • Ludique et pratique, Zoemini S2 livre cependant des photos de qualité inégale.

« Big Moments, big stories » ! Pour immortaliser nos meilleurs moments et nos plus belles histoires, Canon et sa Zoemini S2 n’y va pas par quatre chemins. Alors que la bataille des appareils photo et imprimantes instantanés fait rage entre Fujifilm, Polaroid et Lomography, Canon veut se distinguer avec un appareil photo/imprimante offrant mille et une possibilités créatives. Le constructeur revendique d’ailleurs avoir puisé son inspiration auprès d’Instagram et de Snapchat.

En façade de Zoemini S2, un large miroir pour les selfies et une couronne de huit LED pour éviter les yeux rouges.
En façade de Zoemini S2, un large miroir pour les selfies et une couronne de huit LED pour éviter les yeux rouges. - CANON

Miroir, mon beau miroir…

Zoemini ? Fin 2018, ce fut d’abord le nom d’une petite imprimante avant que l’appareil n’évolue au printemps 2019 vers des appareils photos avec imprimante incorporée, les Zoemini S et C. De prime abord, Zoemini S2 n’évolue pas physiquement. Très compact (121 x 80,3 x 22,4 mm pour 188 grammes), l’appareil se distingue toujours par son large miroir en façade invitant à la réalisation de selfies. Autour, un cercle de huit LED s’illumine lors de la prise de vue afin d’éviter le phénomène des yeux rouges.

Face à ses concurrents, Canon aligne certainement la meilleure solution pour bien cadrer ses autoportraits, celle où l’on se voit le mieux et avec laquelle le cadrage ne sera pas trop approximatif. Au centre du miroir est planté un capteur photo de 8 mégapixels, le même que celui de la Zoemini S. C’est peu à l’époque des smartphones équipés de capteurs de 108 mégapixels…

A l'arrière de Zoémini 2, de nouveaux boutons font leur apparition.
A l'arrière de Zoémini 2, de nouveaux boutons font leur apparition. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Avec le viseur optique à l’arrière de l’appareil photo, il est également possible de réaliser de traditionnelles prises de vues. On peut choisir à l’aide d’un bouton : en noir et blanc ou avec un filtre vif. C’est ici l’une des nouveautés de la S2 par rapport à la S. L’idée est ensuite d’en lancer l’impression directement. Pour cela, Canon utilise le procédé Zink (lire encadré). Chrono en main, il faut compter 50 secondes pour récupérer sa photo imprimée.

Une application pleine d’idées créatives

Mais le véritable intérêt de la Zoemini S2 est ailleurs… du côté du smartphone auquel on appairera l’appareil photo/imprimante à l’aide de l’application Canon Mini Print. D’une part, il est possible d’imprimer avec Zoemini S2 n’importe quelle image contenue dans son terminal numérique. L’utilisateur peut aussi puiser directement dans sa bibliothèque Google photo, sur Instagram ou Facebook. Bref, de quoi imprimer à tout va !

Les images réalisées peuvent être assorties de cadres, filtres, etc.
Les images réalisées peuvent être assorties de cadres, filtres, etc. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

D’autre part, Canon a eu la bonne idée de créer avec son application un véritable labo pour personnaliser ses images avant leur impression : filtres (dark, movie, lomo, warm, winter, vintage…), cadres (avec différentes bordures) ; autocollants en nombre (onomatopées, animaux, icônes, vêtements et accessoires, food, fleurs, cœurs…) ; possibilité d’ajouter du texte sous mille et une formes… On n’est très proche de l’esprit scrapbooking et de celui des stories IG ou Snap que l’on a l’habitude d’agrémenter de ce type de stickers. Résultat : on se surprend à vraiment en s’amusant à bidouiller les photos pour les offrir, les coller dans un cahier, sur un meuble, les assembler… Enfin, et grâce à l’application, il est possible de contrôler à distance des prises de vues depuis son smartphone. Dommage que Zoemini S2 soit d’ailleurs dépourvu de pas de vis qui aurait permis de fixer l’appareil sur un trépied pour optimiser cette possibilité…

Des reproches, les mêmes qu’avant…

On regrette parallèlement qu’il ne soit pas possible d’importer sans fil une photo prise depuis Zoemini S2 dans son smartphone pour la retoucher et la personnaliser avant de l’imprimer. C’est un reproche qui avait déjà été formulé pour Zoemini S mais dont Canon ne semble pas avoir fait grand cas. L’appareil offre quand même la possibilité d’enregistrer ses propres prises de vues sur carte SD, mais avec la contrainte d’un transfert pas toujours simple à opérer vers un smartphone, comme un iPhone qui nécessitera un adaptateur.

Des photos qui voient rouge

Quelle qualité d’impression ? Au format 5 x 7,6 cm, les photos produites restent de la taille d’une carte de visite. Canon propose parallèlement le principe de deux photos bulle sur une même feuille de papier spécifique. Le constructeur parle de « papier circulaire ». A l’arrivée, il est ainsi possible de produire deux petits autocollants ronds avec des visuels différents et le résultat est très sympa.

Zoemini S2 imprime les photos en 50 secondes environ.
Zoemini S2 imprime les photos en 50 secondes environ. - CANON

Les impressions sont vives, mais toujours avec une forte dominante rouge due au procédé d’impression Zink. Celui-ci gâche d’ailleurs systématiquement toute photo imprimée en noir et blanc. Laquelle se retrouve avec un voile rosé qui n’est pas du meilleur effet. Les photos imprimées manquent aussi souvent de piqué et de détails, mais peuvent rassasier l’envie d’un partage dans l’instant d’un agréable moment.

Les photos imprimées par Zoemini S2 offrent un rendu de qualité inégale.
Les photos imprimées par Zoemini S2 offrent un rendu de qualité inégale. - CHRISTOPHE SEFRIN/20 MINUTES

Par pack de 50 feuilles (réf : ZP-2030), la photo imprimée revient à près de 13 centimes d’euros, ce qui reste convenable. Comptez par contre 64 centimes pour deux photos bulle (par packs de 20 feuilles, réf : ZP-2030-2C-20), ce qui est bien trop cher et met la photo de 3,3 cm de diamètre à 0,32 euro l’unité.

Au final, Canon réussit quand même un produit ludique (disponible en vert, rose et blanc) et d’un accès simple. Quant à l’application Canon Mini Print, celle-ci offre suffisamment de possibilités pour se renouveler dans ses créations. De son côté, la concurrence ne faiblit pas : Polaroid vient de lancer son appareil photo instantané Now+ qui fonctionne aussi avec une application. Quant à Fujifilm, le constructeur a dévoilé il y a quelques jours sa Link Wide, une imprimante pour smartphone capable d’imprimer des photos au format 8,6 x 10,8 cm, mais aussi des magnets.

Zink, kézako ?

Le procédé d’impression thermique Zink (Zink, pour « Zero Ink », soit « sans encre ») utilisé par la Zoemini S2 permet d’imprimer des photos qui se révèlent instantanément, contrairement aux appareils photo instantanés Polaroid qui nécessitent quelques minutes pour que la photo apparaisse. En éjectant la feuille de papier autocollant, l’appareil photo la chauffe et déclenche ainsi une réaction chimique qui va révéler des microcristaux colorés.