Création du métavers : Facebook annonce la création de 10.000 emplois dédiés en Europe

SCIENCE FICTION L’annonce intervient alors que Facebook est accusé par Frances Haugen d’ignorer les impacts sociaux négatifs de ses plateformes et de provoquer une addiction chez les adolescents

X. R. avec AFP
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Mark Zuckerberg insiste sur la dimension humaine du métavers alors que Facebook fait l'objet de nombreuses critiques.
Mark Zuckerberg insiste sur la dimension humaine du métavers alors que Facebook fait l'objet de nombreuses critiques. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Danser dans une boîte de nuit avec des personnes situées à des milliers de kilomètres, travailler comme croupier pour un casino virtuel… On pourrait se croire dans un film de science-fiction dystopique, mais c’est bien le monde que veut construire Mark Zuckerberg. Le métavers, comprenez par là « méta-univers », doublure numérique du monde physique, n’en est qu’à ses balbutiements et nombre de ses usages restent à inventer.

Mais le patron de Facebook veut à tout prix le développer, et va investir en ce sens. Le géant californien a annoncé vouloir embaucher 10.000 personnes dans l' Union européenne d’ici cinq ans pour développer ce « métavers ». « Cet investissement est un vote de confiance dans la force de l’industrie technologique européenne et le potentiel des talents technologiques européens » ont indiqué dans un article de blog le Britannique Nick Clegg et l’Espagnol Javier Olivan, deux des plus hauts responsables du groupe.

Aucun détail n’a été donné sur les pays où seront localisés ces emplois, ni le type d’emplois concernés, même si le communiqué évoque des « ingénieurs hautement spécialisés ». Facebook n’est pas le seul à parier sur ce monde virtuel, présenté comme une extension d’internet. Epic Games, le groupe derrière le jeu vidéo Fortnite et qui a levé un milliard de dollars cette année, doit consacrer une partie de la somme au « métavers ».

Plus d’interactions humaines, moins de contraintes physiques

« Aucune entreprise ne possédera ni n’exploitera le métavers », expliquent ainsi les décideurs de Facebook. « Comme Internet, sa caractéristique principale sera son ouverture et son interopérabilité. Pour lui donner vie, la collaboration et la coopération seront nécessaires entre les entreprises, les développeurs, les créateurs et les décideurs politiques », estiment-ils.

Si Mark Zuckerberg croit en « une vague économique qui pourrait créer des opportunités pour les gens dans le monde entier », il n’en oublie pas l’un des aspects essentiels du « métavers » : l’humain. A travers la réalité virtuelle et la réalité augmentée, il espère démultiplier les interactions humaines, en les libérant des contraintes physiques, créant « une nouvelle expérience formidable ».

La carte de la vertu

« La qualité essentielle du métavers sera la présence – le sentiment de vraiment être là avec les gens », explique-t-il. Il faut au moins ça, alors que Facebook est l’objet de vives critiques aux Etats-Unis depuis les révélations de Frances Haugen. Accusé d’ignorer les impacts sociaux négatifs de ses activités, notamment chez les adolescents qui développeraient une addiction et une mauvaise image d’eux-mêmes, Facebook doit redorer son blason.

C’est peut-être une explication du choix de l’Europe pour le développement du « métavers ». « Les décideurs européens ouvrent la voie en aidant à intégrer les valeurs européennes telles que la liberté d’expression, la vie privée, la transparence et les droits des individus dans le fonctionnement quotidien d’internet », soulignent Nick Clegg et Javier Olivan. Une manière pour Facebook de jouer la carte de la vertu sur un projet qui lui ramènera évidemment beaucoup d’argent.