Astro, le petit robot controversé d’Amazon capable de patrouiller dans la maison

INNOVATION Ce compagnon pourrait marquer un tournant dans l'aide aux personnes âgées... et menacer la vie privée

P.B. avec AFP
— 
Astro, le robot compagnon d'Amazon pour la maison sera commercialisé à 999 dollars dans sa version «first edition».
Astro, le robot compagnon d'Amazon pour la maison sera commercialisé à 999 dollars dans sa version «first edition». — Amazon

C’est un peu Alexa sur roulettes. Mardi, Amazon a dévoilé Astro, son premier robot-assistant pour la maison, capable de détecter des intrus ou d’aller vérifier si mamie va bien. Et si ce type de compagnon pourrait se révéler fort utile, des anciens ingénieurs impliqués sur le projet ont dénoncé un « cauchemar pour la vie privée ».

L’engin à roulettes peut cartographier une maison et répondre à des commandes vocales pour aller braquer sa caméra dans une pièce ou une autre. Il peut aussi reconnaître des visages, apprendre les habitudes des membres du ménage et rappeler à chacun ses activités. La visioconférence est évidemment au programme avec un écran de 10 pouces qui donne également sa personnalité au robot, avec des émotions véhiculées par ses yeux et ses hochements de tête.

Haut de 60 centimètres et pesant moins de 10 kilos, il coûtera 1.000 dollars aux Etats-Unis dans un premier temps – pour quelques utilisateurs choisis par Amazon – puis environ 1.450 dollars.

« Quand vous êtes en dehors de la maison, vous pouvez l’utiliser pour patrouiller chez vous », a déclaré Dave Limp, un vice-président d’Amazon, dans la vidéo de promotion diffusée mardi. Astro pourrait aussi servir à vérifier que tout va bien chez des proches âgés, avec sa caméra périscope. « C’est de la science-fiction devenue réalité », s’est félicitée Suri Maddhula, qui a travaillé sur le projet, dans la vidéo d’Amazon.

« Cauchemar pour la vie privée »

Lors d’une conférence de presse, Dave Limp s’est voulu rassurant. Il a précisé que les utilisateurs pouvaient verrouiller les objectifs et micros du robot, qui émet des sons et affiche des messages si jamais quelqu’un essaye de le pirater. Il a aussi affirmé qu’Amazon n’avait pas accès aux caméras à distance d’Astro, et donc « ne pourrait jamais donner cet accès à la police ou aux services d’urgence ».

« Dans certains scénarios, une telle caméra de surveillance chez soi peut être utile », a reconnu Matthew Guariglia, un analyste de l’ONG Electronic Frontier Foundation, qui défend les droits humains en ligne. Mais il fait remarquer que l’appareil pourrait aussi servir de cheval de Troie à des hackers ou à la police.

Des anciens salariés ont d’ailleurs divulgué des documents internes au site Motherboard détaillant le système de surveillance Sentry, qui enregistre une quantité astronomique de données et s’active automatiquement si le robot ne reconnaît pas une personne après 30 secondes. Selon eux, le système de reconnaissance faciale a des gros ratés, et Astro s’annonce comme un « cauchemar pour la vie privée ». Ils prédisent enfin que le robot, malgré une fonction censée l’en empêcher, « va à coup sûr dégringoler dans des escaliers ».