#LePoidsDesMots… Comment Instagram entend lutter contre le cyberharcèlement en France

RESEAUX SOCIAUX L’application lance à partir de ce mardi une opération de sensibilisation dans les écoles et sur sa plateforme afin de lutter contre le harcèlement, dont sont victimes de plus en plus d’ados

Hakima Bounemoura
Instagram dévoile ce mardi «#LePoidsDesMots», une campagne de sensibilisation pour lutter contre le cyberharcèlement.
Instagram dévoile ce mardi «#LePoidsDesMots», une campagne de sensibilisation pour lutter contre le cyberharcèlement. — ISOPIX
  • La plateforme Instagram a décidé de lancer ce mardi une vaste opération de sensibilisation afin de lutter contre le cyberharcèlement, dont sont principalement victimes les ados.
  • De septembre 2021 à juin 2022, un programme de sensibilisation sera déployé dans près de 300 écoles à travers le pays, avec la volonté de former 70.000 jeunes à la lutte contre le cyberharcèlement.
  • « La lutte contre le harcèlement est notre priorité absolue, et nous sommes fiers de lancer une campagne de cette ampleur pour la première fois en France », a expliqué Adam Mosseri, CEO d’Instagram Monde, lors d’une table-ronde à laquelle participait 20 Minutes.

C’est une campagne d’une ampleur inédite, et qui arrive à point nommé… Alors que de nombreux collégiens nés en 2010 sont victimes depuis la rentrée scolaire d’une vague de violence sans précédent sur les réseaux sociaux, la plateforme Instagram (Facebook) a décidé de lancer ce mardi une vaste opération de sensibilisation afin de lutter contre le cyberharcèlement, dont sont victimes de plus en plus d'adolescents.

Soutenue par la Première dame Brigitte Macron et le secrétaire d’Etat en charge de l’Enfance et des Familles, et en partenariat avec Génération numérique et l’association e-Enfance, cette campagne baptisée « #LePoidsDesMots » a pour objectif de sensibiliser les ados aux risques de dérives de certains comportements en ligne. « La lutte contre le harcèlement est notre priorité absolue, et nous sommes fiers de lancer une campagne de cette ampleur pour la première fois en France », a ainsi expliqué Adam Mosseri, CEO d’Instagram Monde, lors d’une table-ronde à laquelle participait 20 Minutes.

« Former près de 70.000 jeunes »

« Toutes les plateformes ont une responsabilité, il est de notre devoir de trouver des solutions innovantes pour faire face à ce fléau qu’est le harcèlement, que subissent de nombreux jeunes à l’école et sur les réseaux sociaux », a précisé le patron de la plateforme, propriété de Facebook. De septembre 2021 à juin 2022, un programme de sensibilisation sera ainsi déployé dans près de 300 écoles à travers le pays, « avec la volonté de former 70.000 jeunes à la lutte contre le cyberharcèlement », a fait savoir Adam Mosseri.

Près de 1.800 ateliers de prévention se tiendront dans les collèges à destination des 11-15 ans, afin de les éduquer sur le sujet du cyberharcèlement, et de leur apprendre à s’en protéger. « Près de 200 ateliers complémentaires auront également lieu, à destination des parents, pour les aider à engager le dialogue sur ce sujet primordial auprès de leurs enfants », a également annoncé la plateforme. Douze créateurs de contenus et influenceurs vont aussi œuvrer à ce travail de sensibilisation, en partageant leur expérience personnelle concernant le harcèlement, et en encourageant leur communauté à s’engager à leurs côtés.

De nombreuses fonctionnalités pour rendre la plateforme « plus safe »

« Cela fait des années que nous travaillons sur cette problématique. Nous avons déjà mis en place de nombreuses fonctionnalités pour aider les jeunes à se prémunir du cyberharcèlement. Et nous allons continuer nos efforts pour faire en sorte qu’Instagram soit un lieu sécurisé pour nos jeunes utilisateurs », a également tenu à souligner Adam Mosseri. De nombreuses options pour rendre la plateforme plus «safe» ont en effet été développées et améliorées ces derniers mois par le réseau social.

Depuis avril dernier, les utilisateurs peuvent ainsi activer une fonction permettant de masquer automatiquement les « demandes de messages directs » contenant des mots, expressions ou émojis offensants. La plateforme a également lancé l’an dernier l’outil « Restrict », permettant de restreindre les publications d’un utilisateur "abusif", sans que celui n’en soit notifié. Et il y a quelques semaines, fin juillet, Instagram a annoncé qu’elle basculait les comptes de ses utilisateurs de moins de 16 ans en mode privé, ces derniers ne pouvant également plus recevoir de notifications « push » à partir de 21 heures.

Instagram n’est pas la seule plateforme à multiplier ainsi les mesures pour essayer de rendre sa plateforme plus sécurisée pour les mineurs. Pour éviter des scandales susceptibles d’entacher leur réputation et de les priver de recettes publicitaires, toutes les grandes plateformes ont dernièrement mis à jour leurs règlements concernant les ados. L’application TikTok, pointée du doigt pour avoir favorisé l’émergence du hashtag #Anti2010, a ainsi annoncé il y a quelques jours le déploiement de nouvelles fonctionnalités visant à renforcer la sécurité et le bien-être des mineurs sur sa plateforme. YouTube (Google) a également mis en place des mesures similaires en août dernier, en rendant notamment les vidéos mises en ligne par les 13-17 ans par défaut en mode « privé ».