Facebook s'auto-évalue à 3,7 milliards de dollars (et pas 15)
INTERNET•En raison d'une bourde du tribunal, des informations gardées secrètes ont été rendues publiques...Philippe Berry
De notre correspondant à Los Angeles
La valorisation de Facebook est l’un des débats préférés des économistes de la Silicon Valley. En 2007, Microsoft achète pour 240 millions de dollars de titres de la compagnie, valorisant sur le papier Facebook à 15 milliards de dollars. Un chiffre jugé surréaliste par à peu près tout le monde. Apparemment, y compris par le réseau social lui-même.
Là où les choses deviennent intéressantes c’est que Facebook fait tout à l’époque pour que les détails du deal au tribunal soient gardés secrets. Selon l’agence AP, Facebook a même fait évacuer un journaliste de l’audience.
Là où les choses deviennent comiques, c’est qu’une bourde de débutant a réduit ces efforts à néant. Dans les comptes-rendus papiers d’une audience, les tribunaux américains censurent parfois certains détails confidentiels à coup de marqueur noir. AP s’est procuré une version électronique (pdf ici). En guise de «censure», les portions marquées redacted ont simplement été tapées en blanc sur blanc. (Sélectionnez à la souris ce qui suit pour comprendre). Un simple copier/coller dans un traitement de texte suffit à tout révéler.
On apprend notamment en faisant une simple division que Facebook évalue ses titres à 8,8 dollars. Ce qui donne une valorisation de 3,7 milliards de dollars, soit quatre fois moins que celle basée sur le prix payé par Microsoft.
Nous avons contacté Microsoft, qui n'a «aucun commentaire sur le prix payé». No comment également du côté de Facebook.
Les actions achetées par Microsoft étaient des titres préférentiels, et visaient surtout à prendre position pour établir un partenariat entre les compagnies. De quoi justifier une surprime, mais pas vraiment d’un facteur 1 à 4.
Un nouveau débat peut désormais s’engager: selon des analystes, Facebook ne réalise qu’entre 250 et 300 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. Avec la récession qui s’est installée depuis l’été dernier, Facebook vaut-il vraiment 3,7 milliards...
Note: le «New York Times» avait révélé une partie de ces informations en juin dernier mais elles étaient plutôt passées inaperçues. Le buzz a été relancé mercredi par les détails d’AP jeudi.


















