Cyberharcèlement : Le fondateur de BarakaCity condamné à dix mois de prison avec sursis

JUSTICE Idriss Sihamedi a reconnu avoir publié en septembre dernier 133 tweets mettant en cause Zohra Bitan, une chroniqueuse de la radio RMC

H. B. avec AFP
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Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration).
Une salle d'audience dans un palais de justice (illustration). — Camille Allain / 20 Minutes

Le fondateur de l’ONG BarakaCity récemment dissoute par le gouvernement, Idriss Sihamedi, a été condamné vendredi à Evry (Essonne) à 10 mois de prison avec sursis, pour avoir harcelé en ligne une chroniqueuse de la radio RMC. Il devra également s’acquitter d’une amende de 5.000 euros.

Idriss Sihamedi, de son vrai nom Driss Yemmou, avait reconnu devant les enquêteurs avoir publié en septembre dernier 133 tweets mettant en cause Zohra Bitan. Le fondateur de BarakaCity accusait la chroniqueuse de « déverser sa haine sur les femmes musulmanes ».

Il avait lancé le hashtag #BalanceZohraBitan

Le 11 septembre, BFM avait publié la vidéo d’une étudiante en hidjab dispensant des conseils de cuisine. La chroniqueuse de RMC avait réagi en déclarant publiquement que ce choix de porter le voile correspondait « à une idéologie d’où découlent d’innombrables inégalités femmes-hommes ».

Sur Twitter, Idriss Sihamedi avait alors interpellé la chroniqueuse et ses deux fils à propos de supposées infractions pénales, en poussant les utilisateurs du réseau social à leur demander des explications, via le hashtag #BalanceZohraBitan. Le prévenu avait également publié une photographie de la boîte aux lettres de la famille ainsi qu’un courrier en recommandé volé.

Déjà poursuivi pour des faits similaires

Lors du procès en février, le procureur avait fustigé une logique « d’intimidation », en évoquant des « propos diffamatoires » et le « caractère répété et dégradant » des faits. L’avocat d’Idriss Sihamedi, Me Samim Bolaky, avait fait valoir que son client n’avait pas eu l’intention de se livrer au cyberharcèlement mais souhaitait « mettre en exergue les contradictions » supposées de Zohra Bitan. Les experts avaient quant à eux estimé que les victimes présentaient des troubles anxio-dépressifs et des symptômes de stress post-traumatique.

Idriss Sihamedi avait déjà comparu pour des faits similaires. En janvier, le tribunal correctionnel de Paris l’avait relaxé des poursuites de harcèlement en ligne à l’encontre de l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo et militante Zineb El Rhazoui. Une relaxe dont le parquet a fait appel. La semaine dernière, il a cependant été condamné par le tribunal de Paris à 3.000 euros d’amende pour injures racistes envers Zineb El Rhazoui, dans un dossier distinct.