Harcèlement en ligne : Idriss Sihamedi, le fondateur de BarakaCity, relaxé

DECISION Idriss Sihamedi, le fondateur de l’ONG BarakaCity, comparaissait pour cyberharcèlement à l’encontre de la journaliste et militante anti-islamiste Zineb El-Razhoui

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal judiciaire de Paris. (illustration)
Le tribunal judiciaire de Paris. (illustration) — GERARD JULIEN / AFP

Accusé de cyberharcèlement à l’encontre de la journaliste et militante anti-islamiste Zineb El-Razhoui, le fondateur de l’ONG BarakaCity récemment dissoute par le gouvernement, Idriss Sihamedi, a été relaxé, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Paris. Mais le parquet de Paris a fait appel de la relaxe, ce mardi, a-t-il annoncé. 

Les messages postés sur Twitter par le prévenu, de son vrai nom Driss Yemmou, relevaient bien du cyberharcèlement, a reconnu le tribunal, mais il a jugé qu’il n’existait toutefois « aucune preuve de la dégradation effective des conditions de vie de Zineb El-Razhoui ».

Zineb El-Razhoui a reconnu avoir échangé des messages avec le prévenu

« En matière de harcèlement, il faut que les comportements répétés aient eu un impact certain et direct sur la vie d’autrui », a rappelé le président. Le magistrat a rappelé que l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo avait elle-même échangé une correspondance privée avec le prévenu, dans laquelle « elle disait qu’elle n’était pas du tout déstabilisée par les insultes et les invectives qui lui étaient adressées ». « En conséquence, le tribunal relaxe Yemmou Driss des faits qui lui sont reprochés », a tranché le tribunal.

Le parquet avait requis dix mois de prison avec sursis à l’encontre d’Idriss Sihamedi. Contactés, les deux des avocats du prévenu, Mes Ouadie Elhammamouchi et Sefen Guez Guez, ont salué cette « très bonne nouvelle ».

L’ancienne journaliste sous protection policière depuis 2015

Idriss Sihamedi était poursuivi pour avoir envoyé plus de 80 tweets à Zineb El -Razoui entre le 23 septembre et le 11 octobre. Certains ont révélé des éléments de la vie phrivée de la journaliste et étaient accompagnés de la mention #balancezinebelrhazoui ou #zinebgate.

Un des abonnés au compte d’Idriss Sihamedi n’avait pas hésité à diffuser l’adresse privée de Zineb El-Razhoui, qui, constamment menacée, vit depuis 2015 sous protection policière. La publication de ces tweets fait l’objet d’une autre procédure devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour « injure publique ». Le jugement dans ce dossier est attendu le 3 mars.