Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Avec son grand écran tactile, La Vitre veut révolutionner les appels visio

Avec son grand écran tactile, La Vitre tente de révolutionner les visioconférences

TRAVAIL A DISTANCELa start-up basée à Saint-Herblain a conçu une solution permettant d'échanger en vidéo de manière plus naturelle que les habituelles visioconférences
Frédéric Brenon

Frédéric Brenon

L'essentiel

  • La Vitre est une start-up française installée en banlieue nantaise.
  • Elle a lancé fin 2018 un concept d'écran tactile de grand format destiné à communiquer face-à-face, debout.
  • Un peu plus de 120 modèles ont déjà été vendus dans le monde.

Les restrictions de déplacement liées à la crise sanitaire lui ont permis de révéler tout son potentiel. A Saint-Herblain, près de Nantes, une start-up a développé un support de communication à taille humaine : La Vitre. Ce grand écran tactile affublé d’une caméra, d’un micro et d’une enceinte permet à deux personnes éloignées d’échanger en direct, debout, comme si elles étaient face à face. Outre sa dimension (de 55 à 86 pouces), le format vertical (portrait) de La Vitre offre ainsi une expérience bien différente des habituels appels vidéo par webcams interposées.

« Lorsqu’on fait une visioconférence on est généralement peu à l’aise, observe Anthony Vannier, l’un des trois cofondateurs de La Vitre. On ne voit que le haut du corps et la caméra ne nous met pas en valeur. Avec La Vitre, on est d’égal à égal, de façon la plus naturelle possible. La gestuelle est renforcée, le mobilier ou l’environnement peut également être utilisé. »

Un « toc-toc » sur l’écran en guise d’appel

L’autre atout de La Vitre est sa simplicité d’usage. Pas besoin de passer par une plateforme, de se transmettre un lien ou un mot de passe pour se réunir. Les Vitres sont connectées entre elles en permanence. Une seule pression (un « toc-toc » par exemple) sur l’écran suffit pour alerter son interlocuteur. L’utilisateur peut également laisser un message manuscrit.

« On veut faire oublier la technologie, agir avec la même facilité à des centaines de kilomètres que si l’on était physiquement ensemble, explique Romuald Boulanger, autre cofondateur. Tout ce que l’on voit sur la Vitre s’affiche en même temps sur l’autre Vitre. On peut se parler et se voir mais aussi écrire, effacer, ouvrir des documents, partager les contenus de son téléphone ou de son ordinateur. » Des applications permettent même d’interagir manuellement sur des vidéos ou d’afficher des sous-titrages lors de dialogues multilingues.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Reste que ces services ont un coût non négligeable : de 4.000 à 10.000 euros le kit complet, auquel il faut ajouter un abonnement-licence mensuel à 199 euros. Trop cher pour des particuliers. Trop cher aussi pour de petites entreprises, même s’il est possible d’adapter son propre écran pour une expérience moins onéreuse et moins aboutie. « On travaille principalement avec de grands groupes », indiquent les cofondateurs, lesquels espèrent pouvoir réduire le prix de La Vitre lorsque la commercialisation « montera en puissance ».

Objectif 300 Vitres vendues

Pour l’heure, près de 120 exemplaires ont été vendus depuis fin 2018 à une quarantaine d’entreprises basées en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, au Japon ou en Côte d’Ivoire. Celles-ci l’utilisent principalement pour de la communication interne (« entretien individuel », « réunions », « pause café », etc.). Mais certaines ont aussi recours à La Vitre pour s’adresser aux clients en l’absence de personnel. « Ça peut être précieux dans un aéroport, dans une conciergerie, à l’accueil d’une banque ou d’un hôtel, ou pour de la télémédecine. Les possibilités sont multiples », est convaincu Anthony Vannier.

De toute évidence, l’explosion du télétravail en 2020 a fait « gagner du temps » à la start-up. « Il y a eu une prise de conscience globale de l’importance de bien échanger malgré la distance », relève Romuald Boulanger. De quoi se montrer ambitieux. Prochain objectif : entre 200 et 300 Vitres vendues dès 2021.