Apple s'imagine un avenir sans Steve Jobs

A Los Angeles, Philippe Berry

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Un être vous manque, et les marchés financiers sont paniqués. Quand Steve Jobs a annoncé mercredi dernier qu'il prenait un congé maladie jusqu'en juin, ses problèmes de santé étant « plus compliqués » qu'initialement révélé, le titre Apple a plongé de 10 % dans les échanges d'après clôture - pour limiter la casse le lendemain. Les rumeurs les plus folles circulent. Retour de son cancer du pancréas ? Besoin d'un nouveau foie, comme l'affirmait Bloomberg vendredi ? Steve Jobs invoque le droit au respect de sa vie privée, les analystes financiers et les actionnaires celui de savoir.

En son absence, il confie les rênes à Tim Cook, le directeur opérationnel d'Apple qui avait assuré l'intérim en 2004 lorsqu'il avait été opéré du pancréas. Cook n'a pas le charisme de Jobs, ni sans doute sa vision. Il s'assure que les trains arrivent à l'heure. « Ne vous méprenez pas », affirment cependant des cadres du groupe à CNN, il a acquis « plus de responsabilités » que n'importe qui d'autre.

Premier cas de figure : Jobs revient en forme en juin. Il pourrait alors laisser à Cook le poste de directeur général. Lui prendrait de la hauteur comme président - Apple n'en a pas à l'heure actuelle. Deuxième possibilité : Apple doit faire sans lui. Une situation qu'a connue le groupe en 1985, lorsque, désavoué par le board, Jobs doit aller voir ailleurs (NeXT Computer et Pixar). Il revient en fils prodigue en 1997 sauver une compagnie au bord du gouffre, optant pour une stratégie de diversification (iPod, iTunes, Apple Stores, iPhone).

La situation est différente aujourd'hui. Apple a terminé 2008 avec presque 25 milliards de dollars de cash disponible, plus que Microsoft. De plus, à son retour en 1997, il « s'est entouré d'une équipe talentueuse », rappelle à 20 Minutes Leander Kahney, journaliste au magazine Wired. Selon l'auteur du livre A l'intérieur du cerveau de Steve Jobs, « sans son fondateur, la compagnie brillera moins. Mais Apple survivra. » ■