Etats-Unis : Des parlementaires américains veulent casser les Gafa en plusieurs morceaux

VENTE A LA DECOUPE Dans un rapport, des élus démocrates de la Chambre des représentants estiment que les Gafa abusent de leur position dominante

20 Minutes avec AFP

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Les app mobiles des Gafa. (illustration)
Les app mobiles des Gafa. (illustration) — DENIS CHARLET / AFP

Facebook devrait revendre Instagram, Google se séparer de YouTube et Amazon ne plus promouvoir ses propres produits sur sa plateforme : pour certains élus américains, c’est la seule façon d’empêcher les abus de position dominante dont ils accusent les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon). Les géants de la tech ont « leur propre quasi-réglementation privée qui ne s’applique qu’à eux-mêmes », estiment des parlementaires démocrates, dans un rapport publié mardi, après plus de quinze mois d’enquête et d’auditions avec les responsables des quatre entreprises.

« Pour le dire simplement, ces géants qui étaient autrefois des petites start-up, remettant en question le statu quo, sont devenus le genre de monopoles que nous n’avions pas vus depuis l’ère des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer », insistent-ils en introduction du document de 449 pages. Ces élus de la Chambre des représentants appellent en conséquence à des « séparations structurelles pour empêcher ces plateformes d’opérer dans des secteurs d’activité qui dépendent ou interagissent avec elle ».

Un débat qui monte aux Etats-Unis aussi

Le débat revient de plus en plus fréquemment aux Etats-Unis, à mesure que monte la grogne contre les Gafa, toujours plus riches et plus puissants. La pandémie et le Grand confinement les ont même renforcés, alors que les grandes entreprises d’autres secteurs ont dû licencier des milliers de personnes. Le rapport recommande que les plateformes autorisent une « interopérabilité » avec les équipements de leurs concurrents et l’établissement d’une « norme » pour interdire les acquisitions qui nuisent à la concurrence.

Le rapport réalisé par l’équipe de la commission judiciaire n’a toutefois pas été validé par ses membres républicains, et les mesures préconisées ne devraient ainsi même pas être examinées au Sénat, contrôlé par les républicains. Cela souligne les divergences entre les deux partis, qui critiquent souvent de concert les géants de la tech mais pour différentes raisons.

Amazon conteste

Matt Schruers de l’Association de l’industrie de l’informatique et des communications, qui regroupe la plupart des grosses entreprises du secteur, estime que les élus n’ont pas compris l’économie numérique. « S’il s’agit simplement de heurter des entreprises américaines qui réussissent, alors peut-être que ce plan va marquer des points », a-t-il commenté. Dans son argumentaire, Amazon fait remarquer qu’il ne représente « qu’1 % des 25 mille milliards de dollars du marché de la distribution mondiale et moins de 4 % de la distribution aux Etats-Unis ».

Mais le rapport des démocrates a semblé satisfaire Athena, un collectif d’organisations anti-Amazon. « Cette enquête montre à quel point Amazon et les 'Big Tech' se fichent des principes fondamentaux de notre démocratie », a commenté Dania Rajendra, la directrice du groupement, dans un communiqué. Selon elle, « le public américain attend maintenant de nos élus qu’ils suivent ce rapport avec une loi pour diviser Amazon et réécrire les règles anti-monopole, afin que les travailleurs ne soient pas sacrifiés pour les profits d’Amazon », a-t-elle ajouté.