#N'exécutez_pas... Les internautes se mobilisent contre les pendaisons de manifestants en Iran
RESEAUX SOCIAUX•Une campagne d’une rare ampleur rassemblant militants et personnalités exhorte l’Iran à renoncer à la pendaison de trois jeunes prisonniers arrêtés lors des manifestations ces derniers moisH. B. avec AFP
«Il faut sauver Amir, Saeed et Mohammad ». Une campagne rassemblant militants et personnalités derrière le hashtag #N’exécutez_pas exhorte l’Iran à renoncer à la pendaison de trois jeunes prisonniers arrêtés lors de manifestations contre les autorités de Téhéran.
Cette campagne contre les exécutions (#Edam_Nakon en persan) a pris une ampleur inédite après la décision le 14 juillet de la Cour suprême iranienne de confirmer la peine de mort pour Amir Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi, trois jeunes hommes accusés de vandalisme et de pyromanie pendant les manifestations de novembre 2019.
Un manifestant pendu début août
Le mouvement #Edam_Nakon rassemble des militants des droits de l’Homme à l’extérieur du pays, mais aussi des personnalités importantes de la société civile et de la scène publique iraniennes, comme la célèbre actrice Taraneh Alidoosti. Cette dernière a ainsi posté une photo des trois prisonniers accompagnée du slogan « N’exécutez pas » à ses 6,6 millions d’abonnés sur Instagram.
La viralité du mouvement a permis d’obtenir un premier succès, avec l’annonce le 19 juillet par l’Iran de la suspension de l’exécution des trois jeunes. Un répit de courte durée puisque Mostafa Salehi, un autre manifestant, arrêté lui à l’hiver 2017-2018 dans la province d’Ispahan (centre), a été pendu début août. Les militants du mouvement "#Edam_Nakon" ne relâchent pas la pression et craignent désormais d’autres exécutions.
« Une rare alliance d’acteurs de la société civile et de personnalités publiques »
Selon Tara Sepehri Far, chercheuse à Human Rights Watch (HRW), cette campagne est « une rare alliance d’acteurs de la société civile et de personnalités publiques », unies derrière « un message fort et concis ». « Les autorités ont perdu une grande part de la confiance de l’opinion publique depuis l’année dernière, mais elles ne peuvent pas totalement occulter une contestation si vaste née à l’intérieur du pays », dit-elle.
L’Iran a été secoué par plusieurs vagues de manifestations ces dernières années, en particulier en novembre 2019 et janvier 2020, notamment contre la hausse du prix du carburant. Une contestation durement réprimée par les autorités. Les militants pro-droits de l’Homme s’inquiètent aujourd’hui d’une recrudescence de l’usage de la peine de mort pour dissuader toute nouvelle manifestation.



















