L'ambassadeur du Royaume-Uni en Iran brièvement arrêté

INTERPELLATION Rob Macaire a été arrêté lors d’une manifestation en mémoire des victimes du Boeing abattu à Téhéran

20 Minutes avec AFP

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Dans une rue de Téhéran, un panneau montre Qassem Soleimani et l'ayatollah Ali Khamenei, le 4 janvier 2019 (image d'illustration).
Dans une rue de Téhéran, un panneau montre Qassem Soleimani et l'ayatollah Ali Khamenei, le 4 janvier 2019 (image d'illustration). — MORTEZA NIKOUBAZL/SIPA

Le Royaume-Uni dénonce une « violation flagrante de la législation internationale ». Les autorités iraniennes ont brièvement arrêté l’ambassadeur du Royaume-Uni à Téhéran Rob Macaire samedi, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab. Selon la BBC, qui cite un média local, l’ambassadeur aurait été gardé un peu plus d’une heure. D’après le Daily Mail, l’ambassadeur a été arrêté pour avoir prétendument « incité » les manifestants à Téhéran qui exprimaient leur colère à l’égard des autorités après la catastrophe dont nombre de victimes étaient iraniennes.

Un rassemblement en mémoire des victimes du crash

Ce même jour, et selon des journalistes de l’agence France-Presse (AFP) sur place, plusieurs centaines d’étudiants se sont rassemblés en début de soirée pour honorer les 176 passagers du Boeing ukrainien abattu mercredi « par erreur » par l'Iran, majoritairement iraniens et canadiens. Mais le rassemblement, à la prestigieuse université Amir Kabir de Téhéran, s’est transformé en manifestation de colère. La foule a lancé des slogans dénonçant « les menteurs » et réclamant des poursuites contre les responsables du drame et ceux qui, selon les manifestants, ont tenté de le couvrir. La police iranienne a alors dispersé des étudiants qui ont scandé à Téhéran des slogans « destructeurs » et « radicaux » selon l’agence de presse iranienne Fars.

L’Iran a reconnu samedi avoir abattu à l’aide d’un missile le vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines peu après son décollage de Téhéran alors qu’il avait jusque-là fermement démenti l’hypothèse d’un tir de missile, pourtant évoquée dès mercredi par le Canada.

Des étudiants auraient déchiré une bannière à l’effigie de Soleimani

Selon Fars, proche des ultraconservateurs, les étudiants en colère ont déchiré une des nombreuses affiches en l’honneur du général iranien Qassem Soleimani, tué le 3 janvier dans une attaque de drone américaine à Bagdad. Pour la république islamique d’Iran, ce chef de la force Al-Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution (l’armée idéologique iranienne), fait figure de « martyr vivant » et de héros. L’agence Fars a publié plusieurs photos du rassemblement et une autre montrant une bannière déchirée à l’effigie d’un Soleimani souriant. La police « a dispersé » les étudiants lorsqu’ils sont sortis de l’université et ont commencé à « bloquer la rue et créer un embouteillage », a indiqué Fars.

Fait extrêmement rare, la télévision d’Etat a fait mention de cette manifestation à l’antenne, et relevé que les étudiants avaient scandé des « slogans antirégime ». Une vidéo impossible à authentifier circulait samedi soir sur les réseaux sociaux de ce qui pourrait être la police tirant des gaz lacrymogènes sur les manifestants. La vidéo montre notamment un homme se relevant après avoir été apparemment touché par un projectile à la jambe.