Facebook supprime des publicités « haineuses » de Trump qui utilisaient un symbole nazi

WEB Le réseau social avait jusqu'à présent refusé de modérer les publications du président américain

P.B. avec AFP

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Facebook supprime des publicités « haineuses » de Trump qui utilisaient un symbole nazi — 20 Minutes

Facebook prend position. Après avoir refusé de supprimer des publications controversées de Donald Trump pendant des années, le réseau social a retiré, jeudi, des publicités jugées « haineuses » du président américain.

L’annonce, déclinée en plusieurs versions, attaquait « les dangereuses hordes d’extrême gauche » et comportait un triangle rouge inversé, un symbole utilisé par les nazis pour identifier les opposants politiques communistes dans les camps de concentration.

« Nous avons retiré ces publications car elles violaient notre charte contre la haine organisée », a expliqué un porte-parole de Facebook à plusieurs médias américains. « Nous n’autorisons pas les symboles qui représentent des organisations haineuses ou des idéologies haïssables à moins que ce soit pour les condamner », a rappelé Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité chez Facebook, interrogé lors d’une audience au Congrès américain jeudi sur l’article du Washington Post.

Débat à cinq mois de la présidentielle

Le débat sur la modération des publicités et propos politiques sur les plateformes agite les Etats-Unis depuis des mois, à moins de 140 jours de l’élection présidentielle. Facebook autorise les pubs à caractère politique et refuse de soumettre les propos des candidats et élus à son programme de vérification de faits, dans l’intérêt du public à se faire sa propre opinion. Mais leurs messages restent soumis aux règles générales contre le terrorisme, l’apologie de la violence ou encore les fausses informations pratiques sur les scrutins.

De son côté, Twitter a récemment signalé deux tweets de Donald Trump comme « trompeurs », provoquant le courroux du président américain. Ce dernier accuse les géants de Web de « censurer » les opinions conservatrices. A sa demande, le ministère de la Justice a présenté mercredi des orientations pour une réforme de la Section 230 du « Communications Decency Act ». Pierre angulaire de l’Internet américain, elle protège les réseaux sociaux contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers.

Mais l’interprétation de cette loi par les tribunaux « protège les plateformes des conséquences d’une large palette d’activités illicites organisées via leurs services » et leur permet de modérer les contenus « avec trop peu de transparence et sans avoir à rendre de comptes », estime le ministère. En parallèle, quatre sénateurs républicains soutiennent un projet de loi qui permettrait aux utilisateurs des réseaux de les poursuivre en justice « s’ils appliquent leurs règles de façon injuste ou inéquitable ».