Un internaute français se fait passer pour le président nigérien sur Twitter... et déclare la guerre à Trump

PIRATAGE Un hacker de Bobigny a piraté un compte officiel d'un parti politique nigérien, et s'est fait passer pour le président Muhammadu Buhari

H. B.

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Le président du Nigéria Muhammadu Buhari
Le président du Nigéria Muhammadu Buhari — PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Le canular aurait pu virer au drame. Un internaute français surnommé Kira, originaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) est parvenu jeudi à récupérer les accès d’un compte Twitter certifié appartenant à un petit parti politique nigérian nommé « United Democratic Party » (UDP). Le jeune hacker s’est servi de ce compte officiel pour se faire passer pour  le président nigérien Muhammadu Buhari, et a ensuite publié une déclaration guerre à Donald Trump.

« Moi, Muhammadu Buhari, déclare aujourd’hui la guerre aux États-Unis en promettant de détruire les civils qui adhèrent à la politique de M. Donald Trump.@realDonaldTrump, vous avez été prévenu », a tweeté le hacker jeudi soir, à 22h52 précisément, dans un anglais irréprochable.

Très rapidement, le message a été retweeté des centaines de fois. Effrayé par l’ampleur de son canular, l’internaute français a décidé de supprimer son tweet, avant qu’il ne soit repris outre-Atlantique. Ce canular a toutefois continué à alimenter de nombreuses discussions jeudi et vendredi sur les réseaux sociaux.

Twitter a suspendu vendredi matin le compte de Kira, et de quelques-uns de ses amis qui ont participé à ce canular, qui aurait pu très mal tourner. Le vrai compte Twitter de l’UDP a été également suspendu jusqu’à vendredi matin, tout comme le compte officiel du gouvernement du Nigéria.

La page Wikipédia du Nigéria également piratée

La page Wikipédia du Nigéria a elle aussi été piratée jeudi soir : le nom du Président Buhari a disparu au profit de « Kira Binks », le pseudo du hacker français qui aurait opéré depuis… un restaurant de kebabs de Bobigny, indique  Conflits, un compte Twitter qui s’est donné pour objectif de « traquer les conflits autour du globe en temps réel ».

L’usurpation d’identité en ligne, si elle fait l’objet d’une plainte, peut être punie d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende. Le piratage peut lui être puni de trois ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.