« Deepfake » : La pornographie et la politique, les sujets de prédilection des vidéos truquées

INQUIÉTANT Si 96 % des « deepfakes » sont à caractère pornographique, les vidéos truquées portant sur des sujets politiques sont de plus en plus courantes

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une vidéo avec Barack Obama truquée via la technique de "deepfake", 1er juillet 2018
Illustration d'une vidéo avec Barack Obama truquée via la technique de "deepfake", 1er juillet 2018 — AP/SIPA

La pornographie et la politique constituent les sujets les plus traités dans les « deepfakes », ces vidéos truquées hyperréalistes qui prolifèrent sur le Web. C’est le résultat d’une étude menée par l’entreprise spécialisée dans la cybersécurité Deeptrace et publiée ce jeudi.

L’immense majorité des « deepfakes » (96 %) reste consacrée à la « pornographie non consensuelle », qui met en scène des femmes souvent célèbres dans des vidéos truquées grâce à l’intelligence artificielle (IA). L’étude a repéré quelque 15.000 vidéos de ce genre au cours des sept derniers mois.

Un impact de plus en plus fort en politique

Quatre sites « spécialisés » ont été visités plus de 100 millions de fois sur la même période. Cela « démontre l’existence d’un marché pour les websites hébergeant des deepfakes pornographiques », selon Giorgio Patrini, PDG de Deeptrace. Pour lui, cette tendance « va s’accentuer à moins que des mesures décisives ne soient prises ».

Mais le « deepfake » commence aussi à avoir un impact dans la sphère politique. Giorgio Patrini cite des cas au Gabon et en Malaisie où des « deepfakes » « sont déjà en train de déstabiliser les processus politiques ». Certaines vidéos utilisent des voix synthétiques et des images créées de toutes pièces pour « influencer l’opinion contre des entreprises et des gouvernements », s’inquiète le PDG.