Grenoble : Une enquête ouverte après la diffusion d’une agression transphobe sur les réseaux sociaux

TRANSPHOBIE Les agresseurs ont mis en ligne sur Twitter deux vidéos dans lesquelles on peut les voir pourchasser la victime

H. B.

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L'agression a été filmée et diffusée sur Twitter.
L'agression a été filmée et diffusée sur Twitter. — Capture d'écran Twitter

Les images ont suscité l’indignation de nombreux internautes. Des vidéos montrant une personne transgenre insultée et persécutée dans une rue de Grenoble (Isère) par des inconnus ont été postées jeudi soir sur Twitter par l’un des agresseurs. Elles ont été relayées par des responsables d’associations de lutte contre l’homophobie et repartagées des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Le compte de la Direction départementale de la sécurité publique de l’Isère a également reçu de nombreux signalements, et la sûreté départementale a décidé d’ouvrir une enquête « pour diffusion de scènes violentes », rapporte le Dauphiné Libéré.

La scène, filmée et diffusée par les agresseurs, se déroule en pleine nuit dans une rue de Grenoble. Sur la première séquence, on voit les individus pourchasser la victime et l’insulter avant de la menacer. « Sur le Coran c’est un homme ! Fils de pute ! Montre ta tête, montre ta tête ! (…) », peut-on entendre dans la vidéo. Effrayée, la jeune femme prend alors la fuite en courant, poursuivie par plusieurs individus. « Oh gros fils de pute viens là ! Viens là, j’vais te niquer ta mère ! », entend-on dans la seconde vidéo.

Un appel lancé à la victime

Le compte Twitter qui a diffusé ces images les a retirées depuis, mais elles ont été relayées, notamment par Guillaume Mélanie, co-président de l’association Urgence Homophobie, qui a témoigné son « total soutien » à la jeune femme. « Sans nouvelles de la victime, tous les témoignages sont les bienvenus », écrit-il sur Twitter.

Le procureur de la République de Grenoble a indiqué dans un communiqué que « la victime ne s’était pas encore fait connaître » et que « son témoignage était souhaité pour établir les circonstances des faits même si sa plainte n’est pas indispensable pour poursuivre ».

« Une agression transphobe de plus »

Guillaume Mélanie a également lancé un appel au maire de Grenoble, Eric Piolle, lui demandant de « prendre connaissance de ces images et de demander aux services compétents d’intervenir pour retrouver les agresseurs ».

Ce dernier a réagi dans un tweet : « Une agression transphobe de plus, cette fois à Grenoble : inacceptable ! (…) A ceux qui disent que l’égalité coûte trop cher à notre société, et qui fragilisent les acteurs du respect, voyez le prix de l’ignorance ».