Un vétérinaire de l'Eure harcelé après la publication de photos de safari-chasse en Afrique

RESEAUX SOCIAUX Un vétérinaire fait l’objet d’insultes et de menaces depuis qu’un internaute a révélé, photos à l’appui, que le praticien avait chassé des animaux sauvages en Afrique en 2008

H. B.

— 

Illustration d'un safari-chasse en Afrique.
Illustration d'un safari-chasse en Afrique. — GIANLUIGI GUERCIA

Après le couple de dirigeants d’un Super U de la région lyonnaise, c’est au tour d’un vétérinaire normand d’être pointé du doigt sur les réseaux sociaux après la publication de photos de safari-chasse en Afrique, révèle Paris-Normandie. Images à l’appui, un internaute a révélé jeudi que le praticien avait chassé des animaux sauvages en Afrique en 2008.

Les photos de l’homme posant aux côtés d’animaux morts (éléphant, lion, gnou, hippopotame…) ont abondamment été partagées sur les réseaux sociaux, suscitant comme pour les anciens responsables du Super U, la colère de nombreux internautes. La page Facebook militante « Un clic pour un safari » qui dénonce ces pratiques, a également relayé ces clichés avec le nom, la photo, l’adresse et le numéro de téléphone du cabinet du vétérinaire.

« Ça n’arrête pas, je suis un punching-ball »

Insultes, injures, menaces…, le praticien et la clinique dans laquelle il exerce depuis une dizaine d’années ont rapidement été pris pour cible. « Depuis ce matin, neuf appels sur dix, ce sont des injures et des insultes », a expliqué à France Bleu la secrétaire de la clinique de l’Eure. « Ça n’arrête pas, je suis un punching-ball », a-t-elle ajouté.

De son côté, Benoît Grosfils, président du Conseil de l’ordre des vétérinaires de Normandie, a appelé à la modération, notamment pour les autres membres de la clinique, et a mis en cause « une justice expéditive et rapide sur Internet ».

Peut-on être vétérinaire et chasseur ?

Convoqué par le Conseil de l’ordre des vétérinaires, le vétérinaire aurait insisté sur la légalité de cette partie de chasse, assurant que « l’éléphant blessé était en procédure d’euthanasie » et que « le lion aussi était autorisé à être chassé. »

« Je comprends que cela puisse choquer de voir des animaux morts, mais je connais beaucoup de vétérinaires qui chassent », a ajouté Benoît Grosfils, le président du Conseil de l’ordre, précisant toutefois que « si la chasse est légale, c’est limite ». En cas de plainte déposée par une association, le vétérinaire pourrait être entendu par la chambre disciplinaire du Conseil de l’ordre.