Des employés de Google en croisade contre le projet de moteur censuré en Chine

WEB L'entreprise songe à revenir sur le marché chinois avec son «projet Dragonfly»...

20 Minutes avec AFP

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Des activistes d'Amnesty International manifestent à Madrid contre le projet de moteur de recherche censuré de Google pour la Chine, le 27 novembre 2018.
Des activistes d'Amnesty International manifestent à Madrid contre le projet de moteur de recherche censuré de Google pour la Chine, le 27 novembre 2018. — Manu Fernandez/AP/SIPA

La résistance s’organise. Une centaine d’employés de Google a publiquement exigé mardi que le géant d’Internet abandonne un projet de moteur de recherche en Chine respectant les règles de censure imposées par Pékin à ses internautes.

Le projet est connu sous le nom de « Dragonfly ». Le PDG de Google Sundar Pichai en a reconnu l’existence en octobre et l’a justifié par le fait qu’il valait mieux offrir un moteur de recherche performant mais avec des restrictions que de laisser les Chinois avec des outils moins bons.

« Opprimer les plus vulnérables »

« Notre opposition à Dragonfly n’a rien à voir avec la Chine : nous sommes opposés aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où que ce soit », peut-on lire dans une lettre signée par 90 employés appelant leurs collègues à se joindre à eux. « Dragonfly en Chine établirait un dangereux précédent à un moment d’incertitude politique, un précédent qui empêcherait Google de refuser des concessions similaires à d’autres pays », poursuit la lettre.

Plusieurs organisations dénoncent également le projet, dont Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et Amnesty International, qui a lancé une pétition en ligne pour demander son abandon.

« C’est un moment charnière pour Google », estime Joe Westby, chercheur sur la technologie et les droits de l’homme pour Amnesty International, dans un article publié mardi sur le site de l’organisation.

« Respecter la loi »

S’exprimant lors d’une conférence le mois dernier à San Francisco, Sundar Pichai avait affirmé que Google devait « réfléchir très sérieusement » au marché chinois, en dépit des critiques sur une potentielle complicité de l’entreprise avec la censure d’Etat en Chine.

« Nous prenons toujours en compte un ensemble de valeurs », avait-il expliqué. « Nous devons également suivre la loi qui s’applique dans chaque pays ». « Il s’avère que nous pourrions répondre à plus de 99 % des recherches (…) Il y a de très nombreux cas où nous fournirions une information de meilleure qualité que ce qui est actuellement disponible », avait-il ajouté. Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande de Pékin de censurer certains résultats de recherches.