Google confirme qu'il développe un moteur de recherche censuré pour la Chine

WEB Son directeur général, Sundar Pichai, a défendu cette décision lors d'une conférence, lundi...  

20 Minutes avec AFP

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Le directeur général de Google, Sundar Pichai, à la conférence IO, le 18 mai 2016.
Le directeur général de Google, Sundar Pichai, à la conférence IO, le 18 mai 2016. — JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Don’t be evil… ou pas. Google, qui a récemment abandonné son célèbre slogan promettant de ne pas être maléfique, a confirmé lundi qu’il planchait sur un moteur de recherche censuré en Chine. Son patron, Sundar Pichai, a défendu cette décision, assurant que l’entreprise offrirait une « meilleure information » aux citoyens chinois que la concurrence.

S’exprimant dans le cadre d’une conférence organisée par le magazine Wired à San Francisco, Sundar Pichai a confié que le géant américain devait « réfléchir très sérieusement » au marché chinois, en dépit des critiques sur une potentielle complicité de Google avec la censure d’Etat en Chine. « Nous prenons toujours en compte un ensemble de valeurs », a-t-il confié, ajoutant que « nous devons également suivre la loi qui s’applique dans chaque pays ». Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande de Pékin de censurer certains résultats de recherches.

Projet « Dragonfly »

Le patron du moteur de recherche américain a décrit le projet « Dragonfly », déjà l’objet de critiques en interne mais aussi de législateurs et de militants des droits humains, martelant les avancées que le moteur de recherche pourrait offrir aux citoyens de l’Empire du Milieu. « Il s’avère que nous pourrions répondre à plus de 99 % des recherches », a-t-il déclaré sur scène lors d’une séance de questions-réponses, estimant qu’il était « important d’explorer » une potentielle incursion dans ce marché. En outre, « il y a de très nombreux cas où nous fournirions une information de meilleure qualité que ce qui est actuellement disponible », a-t-il dit.

Sundar Pichai n’a pas détaillé le niveau d’avancée du projet « Dragonfly » mais a affirmé qu’il adoptait une « vision de long terme » concernant la Chine, pays souvent critiqué pour sa gestion des droits humains. « Je pense que (ce projet) est important pour nous si l’on prend en considération la taille très importante du marché et le nombre d’utilisateurs. Nous nous sentons forcés d’y réfléchir sérieusement », a-t-il encore affirmé.

Collaboration avec l’armée

Sundar Pichai a également évoqué au cours de cette conférence la décision de Google de se retirer d’un appel d’offres concernant un grand projet informatique avec le Pentagone, justifiant ce retrait par le souhait de ne pas participer au développement d’armes autonomes. « Nous travaillons avec l’armée et respectons profondément son travail visant à protéger notre pays », a-t-il commenté.

Google continue à travailler avec l’armée sur des projets de cybersécurité et de planification des transports a-t-il précisé. Mais les collaborations « suscitent davantage de réserves lorsque l’IA (intelligence artificielle) est utilisée pour le développement d’armes autonomes », d’après lui.